Khalid Mejdoub
23 Octobre 2017•Mise à jour: 24 Octobre 2017
AA/Rabat/
Des responsables internationaux ont assuré, lundi, que la recrudescence de l'islamophobie en Europe et au Myanmar, est la conséquence de l’incitation de certains médias.
C’est ce qui a été indiqué lors de la séance inaugurale de la quatrième conférence internationale de la Commission permanente indépendante des droits de l’Homme, sur « le rôle des médias dans la lutte contre le discours de haine », tenue à Rabat, la capitale marocaine pendant deux jours.
Le Secrétaire général de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI), Yousef al-Outhaimeen, a indiqué, dans son allocution lors de la séance inaugurale que « les crimes de haines, survenus les deux dernières décennies, se sont accrus, notamment ceux qui visent les musulmans en Europe et au Myanmar ».
Il a souligné que « des reportages médiatiques tendancieux, qui ont accompagné les demandeurs d’asile et les immigrants en Europe, ont contribué à renforcer la haine et la discrimination ainsi qu’au retour de certains partis extrémistes ».
Le représentant du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, Gianni Magazzeni, a, pour sa part, critiqué « le discours de haine diffusé par certains médias ».
Il a souligné « la nécessité que les médias acquièrent une conscience pour renforcer l’égalité et se débarrasser des préjugés relatifs à certaines questions ».
Magazzeni a appelé, dans ce contexte, les pays à « respecter leurs engagements en ce qui concerne la limitation de la propagation de la haine », soulignant la nécessité de tirer profit des expériences de certains pays dans la lutte contre ce phénomène.
D’un autre côté, le ministre marocain chargé des droits de l’Homme, Mustapha Ramid, a appelé à « ne pas inciter à la haine, à la violence et au terrorisme ».
Il a souligné que « les médias sont les principaux moyens d’exprimer les principes fondamentaux de la démocratie, du pluralisme et de la diversité sociale », ajoutant que la liberté d’expression n’est pas absolue, comme l’indiquent les lois internationales.
Ramis a assuré que « l’incitation à la haine et à la violence constitue un réel danger pour la cohésion des sociétés et la paix sociale des peuples ».
Plusieurs capitales européennes ont connu, dernièrement, des attaques contre des musulmans. La minorité des Rohinyas dans la région d’Arakan à Myanmar souffre, d’autre part, d’un génocide commis par l’armée et les milices bouddhistes.