Mona Saanouni
03 Octobre 2017•Mise à jour: 03 Octobre 2017
AA/New York/Tarek Mohamed
L’Organisation des Nations Unies (ONU) a annoncé, lundi, qu’une équipe composée de 3 hauts responsables est arrivée plus tôt dans la journée à l’Etat d’Arakan dans l’ouest du Myanmar pour inspecter la situation des habitants musulmans de la minorité Rohingyas.
C’est ce qui ressort des déclarations du porte-parole adjoint du Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, Farhan Haq, lors d’une conférence de presse animée au siège de l’organisation à New York.
«Les trois représentants des Nations Unies participant à la visite de terrain sont : la représentante résidente Renata Lok-Dessallien, le représentant du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le vice-coordonnateur humanitaire Domenico Scalpelli, ainsi que la haut-commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Cécile Fradot », a indiqué Frahan.
Il a ajouté que la visite de l’équipe onusienne effectuée lundi constitue une «étape positive, qui pourrait nous aider dans les efforts visant à explorer comment les Nations Unies peuvent coopérer avec les autorités du Myanmar pour atténuer la situation terrible dans le Nord d’Arakan».
Il a souligné «que l’on ignore si les membres de la délégation onusienne ont pu rencontrer quelques habitants Rohingyas ou s’ils ont observé des villages incendiés dans le District ».
«Comme a dit le Secrétaire général du Conseil de sécurité la semaine précédente, les Nations Unies appellent les autorités au Myanmar à mettre fin aux opérations militaires, et à autoriser un accès humanitaire illimité, et à garantir le retour sécurisé, volontaire et continu des réfugiés à leurs régions d’origine », a-t-il poursuivi.
Il a indiqué que l’organisation est prête à «soutenir les autorités dans la réactivité face à la crise humanitaire et les Droits de l’Homme à Arakan, en plus de l’exécution des recommandations du Comité consultatif dans l’Etat d’Arakan ».
Le porte-parole adjoint a souligné que «le coordonnateur des secours d’urgence Mark Lowcock, et le Directeur Général de l’UNICEF, Anthony Lake, ont effectué une visite de trois jours à Bangladesh ».
Il a noté que les responsables onusiens «sont arrivés lundi à la ville de Bazar Cox (Est du Bangladesh), et ont inspecté de leurs propres yeux la situation humanitaire détérioriée des réfugiés Rohingyas, dont le nombre a dépassé, depuis le 25 août dernier, près de 750 mille personnes».
Farhan a indiqué que le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) avait annoncé, lundi, avoir besoin d'urgence de 76.1 millions de dollars, pour subvenir aux besoins des enfants des réfugiés Rohingyas enfuis au Bangladesh, pour échapper aux attaques des milices bouddhistes soutenues par l’armée du Myanmar.
Les estimations onusiennes indiquent que près de 300 mille enfants des réfugiés Rohingyas souffrent de conditions humaines difficiles dans les camps au Bangladesh, et que le taux d'enfants constitue plus de 60% du total des réfugiés Rohingyas au Bangladesh.
Le 19 septembre, Human Rights Watch et Amnesty International ont demandé au Conseil de sécurité de l'ONU de faire pression sur le gouvernement du Myanmar pour qu'il arrête le nettoyage ethnique des Rohingyas.
Depuis le 25 août, l'armée du Myanmar procède à un génocide contre les musulmans Rohingyas à Arakan, dans le sud-ouest du pays, provoquant une vague de condamnation à travers le monde, en particulier parmi les Musulmans.
Depuis cette date, environ 501 mille musulmans Rohingyas ont été forcés de fuir la violence dans l’Etat d’Arakan, selon les dernières estimations de l’ONU.