Mourad Belhaj
20 Juillet 2020•Mise à jour: 20 Juillet 2020
AA / Alger / Abderrazek Ben Abdallah
Le président algérien, Abdelmajid Tebboune, a dévoilé, dimanche soir, que son pays dispose d’une initiative de résolution de la crise en Libye, qui bénéficie de l’approbation des Nations Unies, et qui pourrait être soumise en coordination avec la Tunisie.
C’est ce qui ressort d’une interview accordée par Tebboune à des médias locaux et qui a été diffusée par la télévision d’Etat.
Tebboune a relevé que son pays est en passe de soumettre une initiative sur la crise libyenne.
L’initiative, a-t-il ajouté, serait mise en œuvre « sous les auspices des Nations unies et je pense qu’il existe une perception positive à la solution algérienne. Il est possible que cela soit une solution algéro-tunisienne en coordination avec les Nations Unies et je suis optimiste à ce propos ».
Aucun commentaire n’a été émis dans l’immédiat par la Présidence tunisienne au sujet des déclarations de Tebboune.
Le président algérien a jouté : « Nous ne sommes pas en faveur d’une décision unilatérale et l’Algérie a, entre autres comme principes, le refus du fait accompli, c'est-à-dire que l’on annonce une initiative et que l’on nous demande de l’appuyer ou la rejeter ».
Tebboune n’a pas dévoilé la teneur de cette initiative, mais il avait auparavant offert d’accueillir des rounds de dialogue entre les protagonistes du conflit libyen, qui aboutiraient à un cessez-le-feu et à progresser sur la voie d’un processus politique à travers, notamment, l’élection de nouvelles institution et l’élaboration d’une constitution.
Tebboune a, par ailleurs, fait allusion, au cours de cette interview, au rejet de son pays de l’armement des tribus libyennes.
« J’ai entendu parler au cours des dernières 24 heures de l’armement des tribus libyennes pour se défendre. Cela est extrêmement dangereux et nous serons face à une nouvelle Somalie, avec laquelle toute solution serait impossible », a-t-il alerté.
Selon Tebboune, les contacts diplomatiques entrepris par son pays au sujet de la crise libyenne sont « quotidiens », avec toutes les parties, qu’il s’agisse de la Présidence de la République ou du ministère des Affaires étrangères.
« Pour la Turquie, les ministres des Affaires étrangères sont en contact quotidien », a-t-il précisé dans ce sens.
Dimanche, le président algérien s’est entretenu avec la Représentante spéciale par intérim du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies en Libye Stéphanie Williams, appelant, à cette occasion, à hâter l’identification d’une solution politique à la crise libyenne.
Jeudi, le président égyptien, Abdelfattah al-Sissi, avait, au cours d’une rencontre tenue, au Caire, avec ceux qui ont été présentés comme étant des « notables de tribus libyennes », appelé les membres de ces tribus à adhérer à ce qu’il a qualifié comme « armée nationale unifiée et à ne laisser les armes qu’aux mains de l’Etat et des instituions ».
Au cours des deux derniers jours, des communiqués ont été publiés par plusieurs parties libyennes pour dénoncer et désavouer les personnalités présentes à la rencontre avec al-Sissi. Il s’agit, notamment, du « Conseil supérieur des notables et des sages de la ville de Zenten » (sud-ouest de Tripoli), et du « Conseil social des tribus de Ouerfella » et du « Conseil social des tribus des M’gharba ».
En date du 4 avril 2019, les milices de Haftar ont lancé, avec l’appui de pays arabes et européens, une agression contre la capitale Tripoli, faisant de nombreux morts et blessés parmi les civil parallèlement à des dégâts matériels conséquents, avant que ces milices n’essuient de lourdes défaites, et que des appels au dialogue et à la solution politique soient lancés pour résoudre la crise politique.
*Traduit de l’Arabe par Hatem Kattou