AA/Abidjan / Issiaka N’guessan
Le palais présidentiel d’Abidjan-Plateau a accueilli, mardi, la cérémonie de lancement officiel d’indemnisation des victimes des différentes crises ivoiriennes depuis 1990.
Le chef de l'Etat ivoirien, Alassane Outtara, qui a présidé la cérémonie, a annoncé que10 Milliards de FCFA (20 millions de dollars US) seront débloqués par l’Etat, chaque année, à partir de 2015, pour l’indemnisation des victimes.
Ouattara a, par ailleurs, annoncé qu'une place publique sera édifiée à Abidjan à la mémoire des victimes et sera dédiée au "souvenir et au pardon", pour mieux amorcer le processus de réconciliation nationale et de cohésion sociale en cours dans le pays après la grave crise postélectorale de 2010 qu’a connue le pays et qui a fait plus de 3 mille morts, selon l'ONU.
"Je comprends votre douleur et votre souffrance et nous vous témoignons la compassion de la nation" a relevé le président ivoirien devant les familles des victimes présentes,le corps diplomatique et les membres de la commission nationale pour la réconciliation nationale et l’indemnisation des victimes (Conariv).
Des chèques de 1 million de FCFA (2000 dollars US) et des bons de prises en charge ont été remis à 200 victimes, parents de victimes et blessés à partir des listes établies par la commission nationale d’enquête, celles des ministères de la Défense et de l’Intérieur et de la Sécurité, d'après le chef de l'Etat.
« Malgré la douleur, nous devons pardonner car nous sommes issus de la même famille, la Côte d’Ivoire, notre patrie commune » a recommandé le président Ouattara.
Pour ne plus que le pays revive les heures sombres qui ont conduit à la mort de milliers de personnes, Ouattara a exhorté les politiques à aller aux élections prochaines dans « un environnement apaisé autour de valeurs démocratiques et citoyennes ».
D'après Pr Koné Mariatou, secrétaire exécutif de la Conariv, ce sont 3500 ayant-droits et blessés qui seront pris en charge par le gouvernement selon un calendrier bien déterminé.
Le Chef de l’Etat ivoirien a, en outre, annoncé la mise en place d'un fonds spécial pour assurer les frais de transport des blessés et leur faciliter l’accès aux centres de soins.
La crise postélectorale, déclenchée par le refus de l’ex-président, Laurent Gbagbo, de reconnaître la victoire de son rival Alassane Ouattara à la présidentielle de novembre 2010, a fait plus de 3.000 morts en cinq mois, selon un rapport de l’Organisation des Nations Unies (ONU).