AA/Idlib/ Mohamad Misto
Des documents des services de renseignements syriens tombés entre les mains de l'opposition après la prise de la ville d'Idlib, démontrent que l’intelligence syrienne a surveillé de très près les mouvements de l’armée turque à la frontière.
Des agents à l’intérieur de la Turquie ont régulièrement envoyé des rapports sur les réfugiés syriens dans ce pays, et l’aide qu'ils y reçoivent de son gouvernement. Il apparait également que le point de passage de Bab Al-Hawa' a été particulièrement surveillé.
Les documents que le correspondant de Anadolu a pu examiner contiennent des rapports sur les patrouilles de l'armée turque, précisant le nombre des soldats qui y participaient, et le matériel utilisé, ainsi que des explications sur les motifs de ces mouvements.
Le document numéro 23922 daté du 13 mars 2015, soit 15 jours avant que l’opposition ne s’empare de la ville, indique que «le 12 mars 2015, un grand nombre de soldats turcs s’est déployé tout au long la frontière syro-turque, avec des chars et de l'artillerie lourde».
Le document précise: «Nos sources dans la région de Harem (au nord d’Idlib) nous ont assuré qu'il y a environ 50 véhicules de transport de soldats répartis sur cinq kilomètres du site de Ghawar à Harem, jusqu’à Kafr Hawm. Nos sources en Turquie affirment que ces véhicules sont chargés d’interdire l’accès au territoire turc au Front al-Nosra et à d’autres organisations».
Les documents ont également fait état de renseignements sur les mouvements de l’opposition par le point de passage frontalier de Bab Al-Hawa', et des informations sur les centres de soins. Ainsi, peut-on lire dans le document numéro 10999 daté du 20 septembre 2012 : «Nous vous informons qu'il y a 14 réservoirs en possession de groupes terroristes, à l’entrée du poste frontalier de Bab al-Hawa', en plus de deux véhicules BMB, et des pickups armés de mitrailleuses. Plusieurs blindés sont en mouvement pour attaquer l’armée dans le rif d’Alep et à Idlib».
Le même document souligne qu’il y a «deux maisons à l'ouest de la mosquée qui servent de centres de soins aux blessés des groupes terroristes avant qu’ils ne soient transférés en Turquie».
D’autres rapports sont établis sur les réfugiés syriens et l’aide qui leur est fourni par le gouvernement turc. Le document numéro 6236 daté du 16 mars 2014 indique ainsi :
«Le gouvernement et les organisations humanitaires turcs ont ouvert des écoles pour les enfants syriens déplacés dans les régions de Kils, Gaziantep, et Antioche. On tire également profit des compétences des étudiants syriens dont bon nombre sont titulaires de licences en langues arabe et étrangères. Le nombre des étudiants syriens tous cycles confondus en Turquie a atteint les 35 000».