AA/Le Caire/Mustafa Aid
Un organe judiciaire égyptien a recommandé, jeudi soir, d’approuver la décision du ministère de la Solidarité sociale, de maintenir l’interdiction du mouvement des Frères musulmans, selon une source judiciaire.
La source (qui a requis l'anonymat), a déclaré, jeudi, à Anadolu, que «l'Autorité des commissaires d'État, a recommandé, dans un rapport adressé au Tribunal administratif, de rejeter la demande présentée par Othman Anani, le représentant légal des Frères musulmans, appelant à suspendre l’exécution de la décision émise par le premier ministre ou par la ministre de la Solidarité, pour la dissolution de la confrérie des Frères musulmans ».
Le rapport se fonde sur le fait que «l’Association des Frères musulmans a mis son siège de Moqattam (à l'est du Caire), à la disposition d'un groupe ayant des activités interdites et représentant une menace pour la sécurité nationale».
Le rapport a souligné que «la décision du ministère de la Solidarité sociale de dissoudre le mouvement est basée sur des rapports sécuritaires indiquant que le groupe a abrité des éléments constituant une menace pour la sécurité nationale» et soulignant que «les fonds de l'association ont été confisqués en vertu d’une décision du Conseil des ministres sur la base du verdict prononcé par le tribunal des référés du Caire».
Le Tribunal administratif avait décidé de reporter au 13 décembre prochain, l’examen de la plainte du représentant juridique des Frères Musulmans, Othman Anani, en vue de suspendre l’interdiction du mouvement, inscrite en 2013, sous le N° 644, dans les registres du ministère de la Solidarité.
La «commission de gestion des biens des Frères Musulmans» (gouvernementale), avait annoncé, le 13 août courant, la saisie des biens et avoirs de 1345 membres et dirigeants des Frères Musulmans.
Par ailleurs, 1117 associations locales détenues par des dirigeants des Frères Musulmans, ainsi que 103 écoles ont été saisies, alors que le ministère de la Solidarité sociale a dissous plus de 500 associations.
En décembre 2013, le gouvernement égyptien a classé les Frères Musulmans «organisation terroriste», en l’accusant d’une série d’attaques meurtrières contres des responsables sécuritaires du pays.
La mesure a été prise dans le cadre d’une violente campagne de répression à l’encontre du groupe et de ses partisans au lendemain de la destitution en juillet 2013, du président égyptien et chef des Frères Musulmans, Mohamed Morsi.
Depuis lors, des centaines de partisans de Morsi ont été tués et des milliers d’autres emprisonnés.