Emissaire arabe/Libye: Le rôle arabe dans le processus de paix en Libye est inexistant
Hatem Kattou
11 Décembre 2017•Mise à jour: 11 Décembre 2017
TunisAA/ Tunis / Yemna Selmi
Salaheddine Jemmali, envoyé spécial de la Ligue arabe pour la Libye, a déclaré que le rôle arabe dans le processus de paix en Libye est inexistant et que les Arabes n'ont aucun rôle prépondérant dans ce pays, en raison des positions conflictuelles et partagées des pays arabes.
C'est ce qui ressort d'un séminaire intitulé: "Les nouvelles transformations régionales et leur impact sur les pays du Maghreb", organisé lundi par le Centre d'études stratégiques et diplomatiques (indépendant), à Tunis la capitale tunisienne.
Jemmali a expliqué que "le rôle arabe en Libye aurait pu être prédominant, mais il a malheureusement été caractérisé par des positions divergentes, similaires aux positions conflictuelles des pays arabes concernant la crise syrienne, qui ont même contribué à envenimer les relations entre ces pays".
Il a ajouté que "le rôle arabe en Libye n'est pas prépondérant à cause des crises que vit le monde arabe, comme les crises en cours en Syrie, au Yémen et en Irak, ainsi que la crise du Golfe qui a affecté les relations entre les pays du Golfe et les pays du Maghreb".
Il a ajouté: "L'analyse des positions des pays du Maghreb arabe face à la crise du Golfe, montre des positions divergentes, chaque Etat agissant conformément à ses propres intérêts."
"Tout cela a affecté les relations entre les pays du Maghreb d'une part et les pays du Levant, en particulier les Etats du Golfe, de l'autre." a t-il ajouté
L'Algérie, le Maroc et la Tunisie ont refusé de rompre leurs liens avec le Qatar et ont appelé à une solution à la crise du Golfe par le dialogue, mais la Mauritanie s'est rangée aux côtés des quatre pays (Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis, Bahreïn et Egypte) et a rompu ses relations avec Doha.
Quant à la Libye, le gouvernement de concorde nationale (internationalement reconnu) a préféré garder le silence et s'est distancié de la crise, alors que le gouvernement intérimaire dans l'Est a annoncé la rupture des liens avec le Qatar.
Jemmali a souligné que la Ligue arabe a participé à la préparation du Plan de paix des Nations Unies, avec l'Union africaine et l'Union européenne, qui a été adopté en septembre dernier.
Dans le même contexte, Jemmali a noté que "le rôle maghrébin dans la crise libyenne n'était pas cohérent, jusqu'à l'avènement de l'initiative tripartite pour résoudre la crise en Libye, coordonnée par l'Egypte, la Tunisie et l'Algérie et qui s'est affairée à apporter plus d'harmonie dans les positions".
Le responsable arabe a souligné l'existence d'un problème de cohérence arabe aujourd'hui, notant le déclin des relations historiques entre le Machrek et le Maghreb arabe, qui ont besoin de rétablir la confiance et de construire de nouvelles relations.
La Libye connaît une crise politique caractérisée par l'existence de deux gouvernements en conflit, le gouvernement de concorde nationale, siégeant à Tripoli et le gouvernement "provisoire" siégeant dans la ville d'Al-Bayda (est), qui est une émanation du parlement de Tobrouk.