Ayvaz Çolakoğlu,Tuğçenur Yılmaz
21 Janvier 2019•Mise à jour: 22 Janvier 2019
AA
- Ankara - Ayvaz Colakoglu
Le
président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré, "Nous ne
permettrons jamais la création d'une zone de sécurité susceptible
de se transformer en nouveau bourbier pour notre pays".
Erdogan
s'est exprimé, lundi, lors d'une réunion annuelle sur l'économie
organisée par l'Union des Chambres de Commerce et des Bourses de
Turquie (TOBB), dans ses locaux à Ankara.
Le
chef de l'Etat turc a souligné l'importance de la lutte contre les
organisations terroristes et rappelé la volonté de la Turquie de
contrôler la zone sécurisée dans le Nord de la Syrie, si un jour,
un tel projet devait voir le jour.
"Nous
ne permettrons jamais la création d'une zone de sécurité
susceptible de se transformer en nouveau bourbier pour notre pays".
"Notre
proposition de zone sécurisée, contrôlée par la Turquie, vise à
éloigner les organisations terroristes de nos frontières",
a-t-il insisté.
Erdogan
a mis en garde les organisations terroristes contre toute tentative
d'attaque contre son pays et promis une riposte intransigeante dans
le cas contraire.
"Les
auteurs de la moindre attaque contre notre pays le paieront très
lourdement, en premier lieu Daech et le YPG/PYD, tous. Pour cette
raison, que personne ne tente de nous importuner", a-t-il
martelé.
Le
leader turc a notamment fustigé les tenants d'un programme visant à
remodeler la Turquie, leur rappelant que ces temps là étaient
révolus.
"Certains
par la voie politique, d'autres par les armes, ou encore d'autres à
travers la diplomatie, tentent de contenir la Turquie dans des moules
exiguës. Alors que ces jours là sont derrières. Pour le dire
autrement, 'le génie est sorti de la lampe'", a-t-il lancé.
Erdogan
a mis en avant le fait que la Turquie était prête contre toute
éventualité, avant de préciser qu'elle privilégiait le dialogue
avant tout.
"Nous
souhaitons, du font du coeur, parvenir à un consensus dans notre
dialogue avec les Etats-Unis, la Russie et les autres entités, mais
cela ne veut pas dire que nous attendrons éternellement alors que
sous nos yeux des préparatifs s'accélèrent. Nous sommes de toutes
nos forces à la frontière. Et nous suivons de très près les
évolutions. Si les paroles qui nous ont été données sont
respectées, tant mieux. Dans le cas contraire, nous avons déjà en
grande partie terminé nos préparatifs, nous prendrons les mesures
nécessaires dans le cadre de notre propre stratégie", a-t-il
conclu.
Il
a en outre appelé les supermarchés à baisser leurs prix
proportionnellement à la baisse du taux d'inflation, sous peine de
sanctions.
"Il
est profondément affligeant que certains, sous couvert 'des
conditions des marchés', deviennent opportunistes, a-t-il tout
d'abord regretté. Si certains supermarchés veulent continuer à
spolier mon peuple, nous sommes en droit de demander des comptes et
nous le ferons."
Erdogan
a insisté sur les améliorations enregistrées par l'économie
turque suite aux mesures prises par le gouvernement.
"Malgré
une baisse certaine de l'inflation et des taux d'intérêts, le prix
des fruits et légumes ne baisse pas. Est-ce éthique?",
s'est-il demandé.
Erdogan
a assuré que le grand problème de la Turquie n'est pas la
concurrence qu'elle mène avec les puissances étrangères sur la
scène internationale mais les quelques "minables" de
l'intérieur.
"Une
mentalité qui consiste à rabaisser et caricaturer sa propre
civilisation, son histoire, sa culture, à dénigrer et mépriser
obstinément ses ancêtres, ne peut en rien contribuer à l'avenir de
ce pays", a-t-il martelé.