Aynur Ekiz,Zafer Fatih Beyaz,Ferdi Türkten,Ayvaz Çolakoğlu
24 Avril 2019•Mise à jour: 25 Avril 2019
AA - Ankara - Ayvaz Colakoglu
Le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a affirmé que son pays fait l'objet d'attaques sur la question arménienne, qui ne sont étayées d'aucune preuve d'archive.
Erdogan s'exprimait, mercredi, au cours d'un symposium sur le développement des méthodes d'archivage organisé au palais présidentiel à Ankara, la capitale turque.
Il a souligné, à propos des allégations sur un prétendu "génocide arménien", qu'aucune des parties accusatrices n'a pu en apporter la moindre preuve basée sur des documents d'archive.
"Les portes de nos archives sont grandes ouvertes à ceux dont l'objectif est de trouver la vérité. Nous ne cachons rien. Jusqu'à aujourd'hui, aucun groupe ni Etat, qui remue la question arménienne, n'a pu apporter la preuve de ses accusations avec des documents d'archive" a-t-il insisté.
Le chef de l'Etat turc a fustigé l'instrumentalisation politique de la question arménienne organisée par certains groupes ou pays.
"Tous ceux qui tentent de donner des leçons de démocratie et des droits de l'Homme à la Turquie en instrumentalisant la question arménienne et la lutte antiterroriste, possèdent un passé sanguinaire.
Si vous creusez le dessous de tous les massacres, génocides, tortures et comportements inhumains, vous y découvrirez ceux qui aujourd'hui nous parlent de 'génocide, démocratie et liberté'.
Il est clair que les auteurs du génocide de 800 mille personnes au Rwanda, il y a 25 ans, sont les Français. Et les Français tentent de nous donner des leçons", a-t-il martelé.
Erdogan a notamment rappelé l'importance d'une bonne préservation des archives et expliqué les derniers développements dans ce domaine.
"33,5 millions de documents et 8 millions de cahiers dans les archives ottomanes ainsi que 19 millions de documents et 2 millions de cahiers dans les archives de la République ont été numérisés.
Toutes les archives, hors celles du Parlement et des Renseignements, seront dorénavant gérées de manière centralisée. Nous les protégerons et valoriserons aussi consciencieusement que nos ancêtres" a-t-il assuré.
Le leader turc a également parlé de politique "totalement erronée", en référence à l'approche des politiciens turcs vis à vis de l'Histoire du pays, au cours des premières années de la République de Turquie.
"Une politique totalement erronée, visant à couper les liens de notre nation avec son passé, a été conduite après la création de notre République, du temps du parti unique. Une idéologie stérile, reniant l'empire Ottoman, ignorant les Seldjoukides, devenant l'ennemi de toute la civilisation islamique et voulant emprisonner l'Histoire de la Turquie dans un espace étriqué, a vue le jour", a-t-il martelé avant de poursuivre :
"L'objectif de ceux qui ont fait la guerre à la langue turque ottomane n'a jamais été de défendre la langue turque et l'alphabet actuels. Au contraire, la véritable intention était de couper tout lien de notre nation avec son passé."