Ferdi Türkten,Ayvaz Çolakoğlu
14 Septembre 2018•Mise à jour: 16 Septembre 2018
AA - Ankara - Ayvaz Colakoglu
Le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a qualifié de "tentative d'assassinat économique" la hausses subites des cours de devises en Turquie au cours du mois d'août.
Erdogan s'exprimait, vendredi, à l'occasion d'une réunion des cadres de son parti à Ankara, la capitale turque.
Il a fustigé les attaques subies par l'économie turque lors de ces derniers mois.
"Ceux qui ne sont pas parvenus à nous vaincre par les urnes et sur le terrain, ont fait passer à l'action les groupes terroristes, putschistes et juntes sous leur protection" a t-il tout d'abord affirmé.
"Le fait que la devise (dollar) ait atteint, subitement 7 livres turques en août, est la preuve, à elle seule, d'une tentative d'assassinat économique" a poursuivi le chef de l'Etat turc, qui cible le dollar, utilisé, selon lui, comme outils de sanctions par les Etats-Unis et facteur d'instabilité pour les économies émergentes, prônant un système qui mettrait fin à l'hégémonie de la monnaie américaine dans le commerce international.
"Le fait que nous ayons été confrontés à cette situation pour ne pas avoir répondu favorablement à une demande de l'administration américaine, qui violait ouvertement nos droits souverains, montre que tous ceci est totalement politique. Ce qui arrive à la Turquie démontre qu'aucun pays à travers le monde n'est plus, politiquement et économiquement, en sécurité" a t-il martelé.
Il a appelé une nouvelle fois ses concitoyens à faire confiance à la monnaie nationale, la livre turque (TL), et de convertir tous leurs avoirs en devises dans la monnaie du pays.
Un décret-loi promulgué cette semaine est venu d'ailleurs interdire toutes les transactions, ventes et locations, de biens mobiliers et immobiliers en devises étrangères.
Le leaders turc a assuré qu'il était possible de tirer avantage de la situation actuelle.
"Nous devons répondre à ceux qui veulent abattre la Turquie en utilisant le cours des devises, en transformant le seuil atteint par les devises en avantage pour nos exportations, en produisant et en recrutant d'avantages" a t-il expliqué.
Erdogan a également répondu à ses détracteurs sur la question de l'indépendance de la Banque Centrale, rappelant que cette dernière a choisi de relever fortement les taux malgré son opposition.
En effet, le comité en charge de la politique monétaire à la Banque Centrale s'est réuni, jeudi à Istanbul, sous la présidence de Murat Cetinkaya, président de l'institution et a annoncé une hausse de son taux repo à une semaine de 625 points, ce dernier passant ainsi de 17,75 % à 24 %.
"La Banque Centrale a procédé à une forte hausse des taux l'intérêt. Il parle "d'indépendance", tiens voilà de l'indépendance. Maintenant nous allons voir le résultat de cette indépendance" a souligné Erdogan.
"En ce moment, c'est ma phase de patience, mais jusqu'à un certain point. Car nous ne tolérerons jamais les leviers de l'exploitation" a t-il quand même tenu à ajouter.