AA/Tunis / Amira Aïd
Le président tunisien Béji Caïd Essebsi a déclaré que son pays était « en guerre contre le terrorisme ».
« Le gouvernement est confronté à trois défis. Le premier, d’ordre sécuritaire, consiste dans la guerre livrée contre le terrorisme, le deuxième est d’ordre économique, en plus d’un défi à caractère social », a-t-il déclaré lors d’un débat télévisé, diffusé en direct vendredi soir.
« Malgré l’amélioration enregistrée dans la lutte contre le terrorisme, il n’est pas possible de rassurer le peuple tunisien à ce sujet, eu égard à la situation qui prévaut en Libye et sur les frontières entre les deux pays qui exige des équipements pour en assurer la protection et que l’Etat n’est pas en mesure de se procurer », a-t-il expliqué.
Il a fait observer que « la Tunisie, seule, ne peut pas faire face au terrorisme qui nécessite une conjugaison des efforts de tous les pays de la région ».
Selon lui, « la lutte contre le terrorisme ne se limite pas à l’aspect sécuritaire, mais englobe un volet social », a-t-il fait valoir notant que « la cohésion du peuple tunisien est un facteur essentiel dans le succès de la bataille contre le terrorisme ».
Le chef de l’Etat tunisien a, cependant, relevé que « la situation social est mauvaise et détériorée du fait des grèves que connaît le pays ».
Il a déploré que « les hommes d’affaires en Tunisie n’assument pas leurs devoirs », expliquant cet état de fait par « la situation générale dans le pays et le climat d’investissement qui n’est pas propice ».
En réponse à une question, il a, d’autre part, nié l'existence d'une alliance avec le mouvement islamiste « Ennahdha », parlant plutôt d'une relation « participative ». Du reste, « le gouvernement [de Habib] Essid ne pouvait pas passer sans la participation d’Ennahdha qui évolue », a-t-il encore dit.
En réponse à une question, il s’est dit opposé à une visite en Tunisie du président de l’Union mondiale des oulémas musulmans, Youssef Qaradhaoui.
« Il n’amène avec lui que des choses néfastes et des problèmes à la Tunisie qui peut s’en dispenser », a justifié le président tunisien.