Mourad Belhaj
20 Août 2020•Mise à jour: 21 Août 2020
AA / Ankara
S'exprimant depuis une salle de conférence vide, la sénatrice de Californie Kamala Harris a accepté, mercredi, son investiture historique comme candidate de son parti à la vice-présidence, lors de la troisième soirée de la convention virtuelle du parti démocrate.
La sénatrice a été officiellement présentée dans une vidéo par des femmes de sa famille, dont sa sœur Maya Harris, sa nièce Meena Harris et sa belle-fille Ella Emhoff, qui ont toutes témoigné de sa force et de son ambition.
Première femme, première afro-américaine et première américaine d'origine asiatique à figurer en tant que colistière à la présidence des Etats Unis, Kamala Harris a souligné que cette élection présidentielle était "une chance de changer le cours de l'histoire".
En acceptant son investiture, Harris a déclaré que sa mère, une immigrante indienne, "n'aurait jamais pu imaginer que je me tiendrais devant vous ce soir et que je prononcerai ces mots".
Plutôt que de faire référence au président Donald Trump, Harris a parlé de l'avenir de l'administration Biden-Harris.
"En ce moment, nous avons un président qui transforme nos tragédies en armes politiques. Joe [Biden] sera un président qui transformera nos difficultés en défis à relever", a-t-elle déclaré.
Plusieurs autres dirigeants démocrates de premier plan, dont l'ancien président Barack Obama, la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, la candidate à la présidence de 2016 Hillary Clinton et la sénatrice Elizabeth Warren ont insisté sur l'urgence de voter pour Biden et Harris après quatre années de présidence Trump.
Barack Obama a livré un vibrant discours depuis le Musée de la Révolution américaine à Philadelphie, qui a débuté par un clip où on pouvait voir l'ancien président décerner à Joe Biden la médaille présidentielle de la liberté.
Avec la Constitution en toile de fond, Obama a parlé du fait que le président Trump n'a pas pris au sérieux son rôle de président des États-Unis.
"J'espérais, pour le bien de notre pays, que Donald Trump pourrait montrer un certain intérêt à prendre sa fonction au sérieux ; qu'il pourrait en venir à ressentir le fardeau de sa charge et éprouver un certain respect pour la démocratie qui lui avait été confiée", a-t-il déclaré.
"Il n'a montré aucun intérêt pour cette fonction ; aucun intérêt pour la recherche de motifs de consensus ; aucun intérêt pour l'utilisation du pouvoir impressionnant de sa fonction pour aider qui que ce soit d'autre que lui-même et ses amis ; aucun intérêt pour traiter la présidence comme autre chose qu'un reality show de plus qu'il peut utiliser pour obtenir l'attention à laquelle il aspire".
Obama avait, jusqu'à présent, été peu enclin à s'attaquer directement à Trump. Après avoir exprimé ses critiques, il a fait l'éloge de Biden et de sa colistière, la sénatrice Harris.
C'était la première soirée de convention où les interventions n’étaient pas centrées sur la pandémie de coronavirus. La soirée a en effet tourné autour d'autres questions qui avaient été éclipsées jusqu'alors, comme le changement climatique, l'immigration et la violence armée.
Les membres des familles de victimes de violences par arme à feu ont expliqué qu'il s'agit toujours d'une sinistre réalité de la vie aux États-Unis. Gabrielle Giffords, une ancienne membre du Congrès blessée à la tête par une arme à feu, en 2011, alors qu'elle s'adressait à ses électeurs à Tucson, en Arizona, s'est également adressée à la convention.
"L'Amérique a besoin que nous nous exprimions tous, même si vous devez vous battre pour trouver les mots. Nous sommes à la croisée des chemins : Nous pouvons laisser les fusillades se poursuivre ou bien agir. Nous pouvons protéger nos familles, notre avenir. Nous pouvons voter", a-t-elle déclaré.
Une grande partie de la soirée de la convention de mercredi, qui a été marquée par les prestations de la pop star Billie Eilish et du chanteur latino Prince Royce, a été consacrée au pouvoir des femmes en politique et aux causes qui les touchent le plus, notamment les agressions sexuelles et les violences domestiques.
*Traduit de l‘Anglais par Mourad Belhaj