Bilal Müftüoğlu
27 Janvier 2016•Mise à jour: 27 Janvier 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Le Parti de l’Union démocratique (PYD, kurde syrien) ne sera pas invité aux pourparlers de paix qui auront lieu le 29 janvier à Genève sur l'avenir de la Syrie, a annoncé mercredi le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius.
"Monsieur de [Staffan de] Mistura [Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Syrie] m'a dit qu'il n'avait pas envoyé de lettre d'invitation" au PYD, a déclaré le ministre français, s'exprimant sur la radio France Culture.
Le PYD est l’extension syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui est considéré comme une organisation terroriste par la Turquie, les Etats-Unis et l’Union européenne (UE).
Fabius a aussi annoncé qu'il avait parlé à Riad Hijab, coordinateur de l'opposition syrienne et qu'il répondrait mercredi matin à l'ONU sur les pourparlers de paix.
L'ONU avait formellement invité le régime de Bachar al-Assad et l'opposition syrienne aux pourparlers de paix qui auront lieu le 29 janvier, et non pas le 25 janvier comme initialement prévu.
Interrogé sur la nécessité de la présence du PYD aux pourparlers de paix, le Quai d'Orsay avait estimé mardi que seule l'opposition modérée devrait être "l'interlocuteur du régime" à Genève.
"Le groupe de l'opposition issu de la conférence de Riyad rassemble pour la première fois un large spectre de politiques et militaires non djihadistes qui se sont engagés autour d'un projet commun pour une Syrie unie, libre, démocratique et respectueuse de tous. C'est donc à lui qu'il revient d'être l'interlocuteur du régime dans les négociations", avait noté le Quai d'Orsay dans une déclaration.
La Turquie avait annoncé qu'elle boycotterait les pourparlers de paix syriens si le PYD participe aux négociations.
"A quel titre le PYD va-t-il s’asseoir à la table [des négociations] ? Est-ce qu’une organisation terroriste peut être la représentante du peuple [kurde syrien]?", s'était interrogé le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu, s'exprimant mardi sur la chaîne turque NTV.