Lassaad Ben Ahmed
26 Octobre 2017•Mise à jour: 26 Octobre 2017
AA/Paris/Zeynep Ciftci
Le président français Emmanuel Macron est arrivé jeudi en Guyane, sur fond de contestations sociales sans précédent que connait depuis six mois, la collectivité d'outre-mer, ont rapporté des médias français.
C’est la première fois que le président français se déplace en outre-mer exclusion faite d'un déplacement effectué en septembre dernier en urgence dans les îles Saint-Martin et Saint-Barthélemy, après le passage meurtrier de l’ouragan Irma.
D’après les informations relayées par les médias français, cette visite de deux jours a pour but de réaffirmer l’engagement de l’Etat français en faveur de ce territoire de 84 mille kilomètres carrés et de 254 mille habitants. Il y a six mois, ce territoire lointain et déshérité a connu un mouvement social paralysant.
D’après le collectif Pou Lagwiyann dékolé (traduit "Pour que la Guyane décolle"), on revendique, en particulier, le rattrapage économique et social du territoire, rappelant les promesses du chef d'État français formulées durant sa campagne électorale.
Le collectif réclame aussi le respect des accords de Guyane, signés après le mouvement social sans précédent du printemps dernier.
En effet, "un plan d’urgence de 1,08 milliard d’euros avait été décidé et le gouvernement avait pris acte de la demande de 2,1 milliards d’euros supplémentaires formulés par le collectif Pou Lagwiyann dékolé porteur de ce vaste mouvement social né de l’exaspération des Guyanais devant une insécurité endémique et une explosion de l’immigration illégale", explique le journal Le Monde.
Dans le cadre de ce climat tendu, le collectif a, dès mercredi appelé à manifester, tout en signifiant au président français que "La Guyane a voté pour Vous au second tour [à 64,89 %], la plupart de nos élus appartiennent à votre groupe, nous avons le droit d’avoir des conditions de vie égales à [celles de] l’Hexagone" à travers un courrier adressé au locataire de l'Elysée.
Ainsi, les différents composants du collectif se succédant sur la tribune mercredi, ont appelés la population à se mobiliser lors d’une marche dans Cayenne, au moment où le président sera, jeudi, à Maripasoula une commune défavorisée du sud-ouest guyanais.
Toutefois, le président ayant fait le choix d'opter pour l'hélicoptère, il est accusé de seulement "survoler la Guyane" sans utiliser et faire état des lieux des routes particulièrement détériorées rapportent les médias français.
De son côté, " Désireux de « traiter les problèmes à la racine », le chef de l’Etat devait notamment faire des annonces en matière de lutte contre l’insécurité et l’immigration illégale, alors que le taux d’homicide est dix fois supérieur à celui de la métropole", souligne la même source.
"La Guyane est aussi fortement exposée aux vols à main armée, au trafic de drogue et à l’exploitation clandestine de l’or, contre laquelle l’Etat tente difficilement de lutter depuis des années", conclut-elle.
De leurs côtés, les maires des différentes agglomérations ont également soutenus le collectif en refusant de rencontrer Emmanuel Macron, appelant également au respect des accords ayant fait suite aux contestations sociales qui avaient paralysé la Guyane.