Serap Doğansoy
02 Juillet 2026•Mise à jour: 02 Juillet 2026
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
La Contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), Dominique Simonnot, appelle à inscrire dans la loi un « mécanisme contraignant de régulation carcérale » afin de réduire la surpopulation dans les maisons d'arrêt, dans un avis publié jeudi au Journal officiel. Elle estime qu'« aucune mesure d'envergure nationale » n'a été prise depuis près de trois ans pour enrayer un phénomène qui continue de battre des records.
La CGLPL recommande également qu'« aucune nouvelle incarcération » n'intervienne à la maison d'arrêt de Fresnes (Val-de-Marne), où elle a effectué une visite entre mars et avril 2026. L'autorité dénonce une surpopulation de 171 %, des cellules insalubres, sans douche ni eau chaude, infestées de rats, cafards et punaises de lit, ainsi qu'un manque chronique de personnel pénitentiaire et médical. Elle relève aussi des violences, des fouilles à nu jugées excessives, un accès limité aux activités et aux soins, ainsi que des conditions portant atteinte à la dignité des détenus.
Au centre pénitentiaire de Grenoble-Varces (Isère), où le taux d'occupation atteint 179 %, la contrôleure constate une aggravation de la situation malgré des recommandations formulées en 2023. Elle évoque notamment la multiplication des matelas au sol, un fonctionnement fortement dégradé, des violences accrues et des détenus contraints de manger avec les doigts pendant plusieurs semaines faute de couverts disponibles.
Selon la CGLPL, ces situations sont susceptibles de constituer des traitements inhumains ou dégradants au sens de la Convention européenne des droits de l'homme. Elle demande également à l'État de définir une stratégie de rénovation ou de reconstruction pour Fresnes.
La CGLPL avait déjà réclamé en 2023 un mécanisme législatif de régulation carcérale, proposition rejetée par le gouvernement. Selon l'autorité, le nombre de détenus est passé de 73.699 pour 60.562 places en juin 2023 à 88.829 pour 63.237 places trois ans plus tard. Elle estime que la création de nouvelles places de prison ne suffit pas à résorber durablement la surpopulation et plaide pour un recours accru aux aménagements de peine et aux alternatives à l'incarcération.