Ekip
13 Septembre 2021•Mise à jour: 13 Septembre 2021
AA/Nice/Feïza Ben Mohamed
L’ancien chargé de mission de l’Elysée, Alexandre Benalla, a maintenu sa version selon laquelle l’arme qu'il exhibait sur un selfie daté de 2017, était factice, selon les informations rapportées par la presse locale ce lundi.
Les débats doivent se poursuivre jusqu’au 1er octobre.
Alexandre Benalla est jugé pour les violences qu’il a exercées sur des manifestants en mai 2018, mais également pour l’utilisation illégale de ses passeports diplomatiques après son licenciement intervenu à l’été de la même année, ainsi que pour la photo prise durant la campagne du président Macron et sur laquelle on le voit diriger une arme sur la tempe d’une femme.
En cette première journée, l’accusé a eu l’occasion de s’expliquer sur ce dernier chef d’accusation et a utilisé son temps de parole pour maintenir sa version selon laquelle l’armée est en réalité un pistolet à eau.
Face aux questions de la présidente, Alexandre Benalla a expliqué avoir « d’abord pensé à un montage » avant de se souvenir « de cette soirée festive de fin de campagne » et de cette épisode « avec arme factice ».
Il a assuré « regretter cette photo, même si ce n’est pas une vraie arme ».
Si les débats de ce lundi se sont achevés sur cette séquence, les prochains jours permettront au mis en cause des s’expliquer sur les autres accusations dont il fait l’objet.
Il est en effet poursuivi pour « violences en réunion, immixtion sans titre dans l'exercice d'une fonction publique, port d'arme, usage public et sans droit d'un insigne, violation du secret professionnel et divulgation d'images de vidéoprotection ».
Pour rappel, l’ancien chargé de mission de l’Elysée a été placé sous les projecteurs depuis que le journal Le Monde a révélé en juillet 2018, une vidéo montrant qu’il s’était livré à des violences sur des manifestants alors qu’il y assistait aux côtés des forces de l’ordre en tant que simple observateur et n’était nullement habilité à participer aux opérations de police sur place.
Sur les images que l’Agence Anadolu a pu consulter, Alexandre Benalla porte un brassard « POLICE » et utilise un talkie-walkie alors qu’il n’est pas policier. Il n’en fallait pas moins pour déclencher un véritable séisme politique.
Pour ces faits, l’Elysée avait indiqué dans un communiqué que l’intéressé a été sanctionné par une mise à pied de 15 jours effectuée en mai avant de reconnaître face au Sénat que le salaire de Benalla n’avait en réalité pas été amputé par cette sanction.
Alexandre Benalla a toutefois été licencié par la présidence de la République après qu’il se soit procuré illégalement les vidéos de surveillance qui l’incriminent suite aux révélations faites la veille par le journal le Monde.
Il a été mis en examen aux côtés de trois autres gradés de la police nationale, soupçonnés de l’avoir aidé dans l’accaparement illégal de ses vidéos.
Après plusieurs jours de tourmente, le président Macron était réapparu devant les députés de sa majorité en leur expliquant que « s’ils cherchent un responsable, le responsable c’est moi et moi seul », avant d’ajouter « ce qui s’est passé le 1er mai a été pour moi une trahison ».
Mediapart avait enfin révélé qu’Alexandre Benalla avait continué d’utiliser ses passeports diplomatiques bien après son licenciement.