Bilal Müftüoğlu
03 Janvier 2017•Mise à jour: 04 Janvier 2017
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Manuel Valls et Vincent Peillon, candidats tous les deux à la primaire de la gauche organisée les 22 et 29 janvier, ont présenté mardi leurs programmes pour l'élection présidentielle française.
C'est Peillon, député européen et ministre de l'Education entre 2012 et 2014, qui a dévoilé en premier lieu ses propositions, axées plus particulièrement sur une réforme de l'économie et des institutions politiques.
L'ancien ministre a ainsi proposé un allègement fiscal à la fois pour les ménages les plus défavorisées et les entreprises pour relancer l'activité économique. Les impôts devraient être plafonnés pour les familles les plus modestes comme c'est le cas pour les plus aisés [les impôts ne pouvant pas excéder 75% des revenus, ndlr], a-t-il suggéré.
Ce plafonnement pourrait aussi s'appliquer à la taxe d'habitation, avec une limite de 20% du salaire mensuel pour tout foyer fiscal dont le revenu de référence est inférieur 18.750 euros par part, a renchéri Peillon.
Le taux réduit de l’impôt sur les sociétés de 15% pour leurs premiers 38 000 euros de bénéfice devrait être élargi à 100 000 euros de bénéfice, a-t-il ajouté.
Concernant les institutions démocratiques, Peillon a souhaité que l'Assemblée nationale soit élue au scrutin proportionnel dans les grandes régions tout en plaidant pour une réduction du nombre des sénateurs et l'instauration du mandat unique. Il a également proposé que les étrangers "non communautaires" résidant en France depuis plusieurs années puissent participer aux élections régionales.
Valls a présenté de son côté un programme axé sur le modèle social et le projet européen, assumant toutefois son bilan en tant que Premier ministre sous le quinquennat du président François Hollande.
"Pour moi, la question n'est pas de savoir si la gauche peut gagner. La gauche doit gagner. Car la France a besoin de progrès, de justice sociale, d'innovation. Elle a donc besoin de la gauche", a déclaré Valls depuis la Maison de la Chimie à Paris présentant son programme intitulé "Une République forte une France juste".
Présenté en 11 points, le programme de Valls met en avant la sécurité, notamment par la création, chaque année, de 1000 emplois supplémentaires de policiers et de gendarmes et une augmentation du budget de la Défense à 2% du PIB.
Dans son programme, Valls aussi aborde la question des institutions politiques, proposant en particulier l'instauration d'un service civique pour les jeunes et réduisant le nombre de députés et de sénateurs. Fermement critiqué par les "frondeurs" de la gauche pour ses nombreux recours à l'article 49-3 de la Constitution [contournement du Parlement pour l'adoption des projets de loi], Valls propose que ce dispositif soit limité uniquement aux lois budgétaires.
Dévoilant par la suite sa vision du projet européen, Valls a annoncé avoir "évolué" sur la question de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne (UE), qui, selon lui, "ne doit pas et ne pourra pas" intégrer l'Union des 28. "Si la Turquie est un grand pays, un partenaire essentiel de l'Europe, il faut cesser de lui mentir, et donc lui dire clairement les choses", peut-on ainsi lire dans son tract de campagne.