Şerife Çetin,Ayşe Betül Gedikoğlu
09 Mars 2017•Mise à jour: 10 Mars 2017
AA - Ankara (Turquie)
La crise syrienne sera le principal point à l’ordre du jour de la réunion du Conseil de Haute Coopération Turquie-Russie (CHC) à Moscou, à laquelle participeront les Présidents Erdogan et Poutine.
Le conseil a tenu à ce jour cinq réunions depuis la date de sa création en 2010.
La sixième réunion du CHC était initialement prévue pour la fin de l’année 2015. Cependant, les relations entre les deux pays s’étaient détériorées le 24 novembre 2015, après qu’Ankara a abattu un avion de chasse russe, accusé d’avoir violé l'espace aérien turc, au niveau de la frontière avec la Syrie.
Les préparations pour la sixième réunion du CHC ont été lancées en juin 2016, avec le début du processus de normalisation.
Suite à la crise de l’avion, les leaders des deux pays se sont rencontrés trois fois en face-à-face et ont eu plus d’une dizaine d’entretien téléphonique.
- L’objectif est la finalisation de la normalisation
Des responsables turcs dirigeant les préparatifs de la réunion du CHC ont indiqué à l’agence Anadolu (AA), que l’objectif principal est de procéder à la finalisation de la normalisation.
Certains des responsables turcs soulignent que les relations ont été portées à un niveau plus élevé que celui de l’avant « 24 novembre », dans les domaines de la défense, de la sécurité et du renseignement.
Par ailleurs, les questions des visas et des autorisations de travail des ressortissants turcs, la participation des entreprises turques aux appels d’offres publics et les restrictions agricoles russes seront à l’ordre du sommet.
Ankara et Moscou se préparent à réaliser des avancées dans les domaines de la culture et du tourisme, dans l’objectif d’augmenter l’interaction entre les deux peuples.
Ainsi, un accord déclarant 2019, « Année de la Culture et du Tourisme », sera signé pendant la réunion du CHC.
- La crise syrienne, principal point à l’ordre du jour
La Turquie et la Russie coopèrent étroitement en ce qui concerne la crise syrienne. En décembre 2016, les deux pays ont permis l’évacuation des civils d’Alep en assurant la médiation entre l’opposition et le régime.
Un cessez-le-feu est entré en vigueur le 30 décembre 2016, en Syrie, avec la garantie de la Russie et de la Turquie. Malgré les violations systématiques de la trêve par l’armée de Bachar-al Assad et des groupes soutenus par l’Iran, la violence de la guerre a été abaissée.
En outre, la Russie s'est engagée, lors des discussions d'Astana, à faire appliquer la trêve auprès du régime de l’Iran. Cependant, elle n’a pas exercé la pression suffisante.
Cette situation met en difficulté les tentatives pour une solution politique lors du sixième tour des pourparlers qui sont prévus, fin mars, à Genève.
En cette période où les Etats-Unis d’Amérique ont une position passive concernant la crise syrienne, la Turquie attend de la Russie qu’elle joue un rôle plus actif pour une solution en Syrie et qu’elle accroît ses pressions sur le régime de Bachar al-Assad, pour la paix.
- Un pont allant de Manbij à Sinjar
La ville a été encerclée par les Etats-Unis, la Russie et le régime d’al Assad, comme pour empêcher que l’organisation terroriste PYD/PKK à Manbij [ en Syrie], soit prise pour cible, dans le cadre de l’opération "Bouclier de l’Euphrate".
Ainsi, ils ont en quelques sortes assuré une protection à l’organisation. Ceci a permis au PYD/PKK de transférer ses armes lourdes et ses combattants professionnels vers Sinjar [en Irak].
Ankara va exprimer son souhait de renforcer sa coopération avec Moscou concernant la présence du PKK/PYD à Manbij et des déplacements de terroristes entre l’Irak et la Syrie.
Ankara estime que l’occupation par le PYD/PKK des régions majoritairement arabes fera naître des tensions et de l’instabilité à court et à long terme, une analyse qui sera soumises aux Russes.