AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Le président français François Hollande s'est rendu mardi au cimetière juif de Sarre-Union (Bas-Rhin, est de la France) profané la semaine dernière, selon les premières investigations, par cinq mineurs originaires de la région.
''S'attaquer à un cimetière et le profaner, c'est insulter toutes les religions, c'est souiller la République", a déclaré Hollande lors de la conférence de presse tenue dans le cimetière. ''Nous avons le devoir de nous recueillir. Nous l'avons fait devant ces tombes renversées, ces sépultures brisées'' a-t-il ajouté.
En faisant allusion aux pogroms historiques et à la déportation massive des juifs en Alsace, Hollande a martelé que ''ce n'est pas la première fois que ce lieu du judaïsme alsacien est ainsi dévasté. Mais jamais avec cet acharnement, cette intensité, cette frénésie.''
S'interrogeant par ailleurs sur les auteurs présumés de la profanation, Hollande s'est demandé: ''Comment des jeunes peuvent faire des actes aussi insensés? Il faut des réponses''. ''La fermeté est dans ces circonstances la seule réponse. Quiconque persiste en France à commettre ces actes, verra se dresser contre lui, la République et ses lois'', a-t-il assené insistant que ''quiconque commettra des actes antisémites sera inlassablement recherché, interpellé et condamné.La République sera plus forte que la haine'' a-t-il affirmé.
Selon le président français, les profanateurs "savaient ce qu'ils faisaient". "La justice dira ce qui relève de l'inconscience, de l'ignorance ou de l'intolérance", a-t-il estimé.
D'autre part, peu avant le discours de Hollande, le parquet de Saverne a fait savoir que la garde à vue de deux des cinq mineurs a été prolongée de 24 heures. Le procureur avait en outre fait savoir lundi que les cinq mineurs n'ont pas d'antécédent judiciaire. Ils n'auraient pas non plus de ''conviction(s) idéologique(s) qui pourrai(en)t expliquer leur comportement''.