AA/Beirouth/ Hamza Tekine
L’organisation internationale Human Rights Watch (HRW) a déclaré, mercredi, que les autorités libanaises procèdent au rapatriement des enfants d’immigrés qui sont nés sur le territoire libanais et de leurs mères pour certains cas. HRW a dénoncé ces pratiques qui «portent atteinte au droit à la vie familiale» et invité le gouvernement libanais à les suspendre, immédiatement.
Dans un communiqué co-signé avec huit autres ONG agissant au Liban, HRW déclare que «les services libanais de sécurité ont émis une note qui interdit le renouvellement des autorisations de séjour pour certains immigrés travaillant dans des secteurs à bas revenu et pour les enfants d’immigrés».
« Une mesure qui porte atteinte au droit à la vie familiale », souligne HRW dans son communiqué.
Nadim Houry, directeur adjoint de la division MENA de HRW considère que la décision des services libanais de sécurité légitimisent l’éparpillement des familles et la privatisation de certaines d’entre elles de leur source de revenu juste parce qu’ils ont osé faire des enfants sur le territoire libanais.
N.Houry note que les autorités libanaises n’ont donné aucun argument pour justifier cette nouvelle politique. Il invite, par ailleurs, les autorités à renoncer immédiatement à ces mesures discriminatoires.
Toujours selon le communiqué, cette décision de la sécurité libanaise a été adoptée en janvier 2014 et n’a été appliquée de façon ferme qu’à partir de mai 2014.
Depuis cette date, plusieurs «rapatriements douloureux» ont eu lieu, le communiqué cite, entre autres le cas d’un enfant de dix ans originaire du Ghana et qui a été séparé de sa mère bien qu’il était scolarisé.
Une immigrée originaire de Madagascar déclare qu’une compatriote qui est allée renouveler les autorisations de séjour de ses enfants s’est vue répliquer par les services de sécurité «les autorisations de séjour sont destinées à ceux qui viennent travailler au Liban et non pas à ceux qui viennent faire des enfants »
La majorité des immigrés au Liban sont originaires du Bangladesh, du Sri- Lanka, des Philippines, du Ghana, du Soudan du Sud et de Madagascar.
Le nombre de personnes victimes de cette nouvelle décision libanaise n’a pas encore été déterminé.
HRW considère que la Liban est tenu de respecter ses engagements internationaux en matière de protection des droits de l’enfant et de la famille et ne pas commettre de discriminations.
Il n’a pas été possible d’obtenir un commentaire immédiat de la part des autorités libanaises sur les déclarations de HRW.