AA / Nairobi / James Shimanyula
Le président kényan a demandé la permission de ne pas apparaître, le mois prochain, à une audience préliminaire (conférence de mise en état) devant la Cour pénale internationale (CPI) pour une affaire pénale dans laquelle il se présente en tant qu'« accusé », a confirmé, vendredi, un représentant de la CPI.
« Par l’entremise de ses avocats [Steven Kay et Gillian Higgins], le président Kenyatta a requis l’autorisation officielle de la Cour de ne pas assister à la conférence », a déclaré la porte-parole de la CPI au Kenya, Maria Kamara, à l’Agence Anadolu (AA).
« Dans la demande, qui est déjà parvenue à La Haye, les avocats ont requis des juges d’autoriser à Kenyatta de ne pas assister à la conférence et de permettre à ses avocats de le représenter » a ajouté Kamara.
Programmée pour le 8 octobre, la conférence de mise en état sera constituée de trois juges, chargés d’évaluer les progrès de l’affaire pénale intentée à l’encontre du président Kényan.
Kenyatta est accusé d’avoir commis des « crimes contre l’humanité » alors que des violences ethniques avaient éclaté au Kenya, en décembre 2007, à la suite de la proclamation des résultats électoraux controversés.
Kamara a également ajouté que les avocats du chef de l'Etat ont demandé à ce que la conférence soit différée afin de lui permettre d’y assister en vidéoconférence.
D’après la porte-parole de la CPI au Kenya, les juges ont accordé au parquet et aux avocats des Post Election Victims (PEVs) [Victimes des violences post-électorales] un délai qui s’étend jusqu’à lundi pour répondre à la requête.
Des violences avaient éclaté au Kenya, en 2007, lorsque le candidat présidentiel, Raila Odinga, chef de la Coalition pour les réformes et la démocratie (CORD), avait contesté les résultats d’un scrutin présidentiel qui avait donné gagnant le président en exercice, Mwai Kibaki.
Plus de 1300 personnes avaient été tuées, tandis que des centaines milliers d’autres avaient été forcées d’abandonner leurs maisons pour chercher refuge dans des camps de déplacés internes mis en place par le gouvernement.