Mohamed Hedi Abidellaoui
06 Juin 2017•Mise à jour: 06 Juin 2017
AA/ Alger/ Karim Kabir
L’Algérie a plaidé, mardi, pour un dialogue entre le Qatar et certains pays du Golfe dont les relations avec Doha ont été rompues lundi, à la surprise générale.
«Tout en appelant l’ensemble des pays concernés à adopter le dialogue comme seul moyen de régler leurs différends et de transcender les divergences qui peuvent naturellement surgir dans les relations entre Etats », l’Algérie appelle à la « nécessité d’observer, en toutes circonstances, les principes de bon voisinage, de non ingérence dans les affaires internes des Etats et du respect de leur souveraineté nationale », indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères rendu public, mardi.
L’Algérie, qui « suit avec une grande préoccupation la dégradation » des relations entre ces pays, se dit toutefois «confiante que les difficultés actuelles ne peuvent être que conjoncturelles et que la sagesse et la retenue finiront par prévaloir tant les véritables défis qui se dressent devant la marche des pays et des peuples arabes vers une solidarité agissante et une unité effective sont nombreux dont le terrorisme n’est pas des moindres », conclut le texte.
L’Algérie entretient d’excellentes relations avec le Qatar. Avec l’Arabie Saoudite, ses relations se sont également réchauffées ces dernières années après avoir connu des difficultés, notamment durant la « décennie noire » (1992-2002), période à laquelle Alger avait reproché à Ryad de soutenir l’ex- parti islamiste, le front Islamique du salut (FIS), aujourd’hui dissous et dont son leader est établi à Doha. Le FIS est accusé par les autorités algériennes d’être responsable des violences qui ont touché le pays, -après l’arrêt du processus électoral en 1992, à l’issue duquel il a gagné la majorité absolue au premier tour-, et qui avaient fait 200000 morts, selon des chiffres officieux.
L’Algérie redoute que la crise actuelle ait des conséquences sur l’accord OPEP-non-OPEP conclu en décembre à Alger et sur des contrats qu’elle est en passe de conclure avec le Qatar.
L’Arabie Saoudite, l’Égypte, les Émirats arabes unis, le Bahreïn et le Yémen ont annoncé, lundi matin, la rupture de leurs relations diplomatiques avec le Qatar, accusé de soutenir le « terrorisme ». Ces accusations ont été réfutées par le Qatar qui s’est dit victime d’une campagne de dénigrement.