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25 Janvier 2018•Mise à jour: 26 Janvier 2018
AA/Tripoli/Walid Abdallah
La mission d’appui des Nations Unies en Libye a dénoncé les exécutions extrajudiciaires commises dans la ville de Benghazi (Est) et a appelé à remettre un commandant militaire appartenant aux forces de Khalifa Haftar à la cour pénale internationale.
Une vidéo a été publiée, mercredi sur les réseaux sociaux, montrant le colonel Mahmoud Ouerfelli, commandant au sein des forces de Haftar, en train d’exécuter plus de 7 personnes à Benghazi, en réponse au double attentat survenu dans la ville mardi, et ayant fait 34 morts.
La mission onusienne a appelé, dans un communiqué rendu public mercredi, à la remise immédiate à la cour pénale internationale, de Ouerfelli, auteur d'au moins 5 exécutions du genre en 2017.
La cour pénale internationale avait réitéré son appel aux autorités libyennes, le 13 septembre dernier, réclamant de remettre Ouerfelli, coupable de crimes de guerre.
Le procureur de la Cour, Fatou Bensouda, avait salué dans un communiqué, la décision des forces de Haftar relative à « l’arrestation de Ouerfelli et à son interrogation par le procureur militaire libyen », appelant à le remettre à la cour, qui siège à La Haye aux Pays-Bas.
Bensouda a, par ailleurs, indiqué que son Bureau était en train d’enquêter sur des rapports présentant des données différentes et que « le suspect est libre et aurait participé à d’autres meurtres depuis la décision de son arrestation par la Cour, vers la mi-août dernier ».
Entre autres preuves retenus contre Ouerfelli, des vidéos le montrant en train de tirer sur des personnes, dont des civils et des combattants blessés ou désarmés. Ces actes sont suspectés d’avoir eu lieu à Benghazi, entre 2016 et 2017.
Ouerfelli était un commandant connu au sein de l’armée libyenne avant de faire défection du régime de Mouammar Kadhafi (1969-2011) et de rejoindre les forces de Haftar, dans l’Est du pays, à la suite de la révolution.
La Libye souffre d’une anarchie sécuritaire et politique, dans la mesure où plusieurs entités armées s’entretuent, depuis la chute du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi en 2011.
L’ONU déploie des efforts pour l’amendement de l’accord politique signé entre les parties du conflit en 2015, en vue d’instaurer la paix en Libye.