AA/Conakry/Boussouriou Bah
L’opposition guinéenne sollicite l’implication de l’Union Européenne (UE) dans la gestion du processus électorale de 2015 en Guinée, contrairement à la position du président guinéen, Alpha Condé, qui affirmait, récemment que l’organisation des échéances électorales se fera sans l’implication de partenaires extérieurs, a déclaré mardi à Anadolu, le porte-parole de l’opposition, Aboubacar Sylla.
Condé, qui achève son premier mandat présidentiel en 2015, a clairement refusé, la semaine passée, tout financement de partenaires étrangers, qui exigent la transparence du processus, pour les prochaines consultations électorales et notamment la présidentielle de décembre 2015, assurant que tout serait financé par la Guinée.
«Le Gouvernement formule le prétexte de la souveraineté pour ne pas impliquer l’Union Européenne mais nous pensons qu’il s’agit là d’un débat de façade. En effet, l’implication de la communauté internationale dans le processus électoral lui donne un droit de regard sur le déroulement du processus électoral», a estimé Sylla, également député au sein de l’Union des Forces du Changement (UFC- opposition).
«Nous ne comprenons d’ailleurs pas cette fermeture du gouvernement vis-à-vis du financement extérieur en ce qui concerne nos élections surtout que notre budget est en déficit. Nous sommes d’ailleurs en train de rechercher des compléments de financement pour mettre en œuvre d’autres programmes de développement dans ce pays. Alors comment peut-on s’affranchir de l’aide de la communauté internationale ?», s’est-il interrogé.
Plusieurs formations de l'opposition, appartenant notamment à L'UFC, L'Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) et les Nouvelles Forces Démocratiques (NFD), accusent Alpha Condé de vouloir volontairement écarter l'UE qui, aux élections législatives de 2013 avait joué un rôle crucial en évitant que le processus ne dérape lors du recomptage des voix qui s'est fait de manière douteuse dans plusieurs circonscriptions.
De son côté, la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) avait évoqué, vendredi dernier, lors d’un point de presse, son envie de répondre au souhait formulé par le président Alpha Condé mais a, dans le même temps, soulevé le problème du financement.
La CENI a ainsi annoncé la nécessité de consacrer plus de 71 millions de dollars au déroulement du processus électorale, ajoutant que seule la moitié de cette somme a été mobilisée jusqu’à présent, soit 35.5 millions USD.