Sami Sohta
06 Octobre 2023•Mise à jour: 06 Octobre 2023
AA / Bakou / Sami Sohta
Le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères a exprimé, vendredi, sa condamnation et son rejet des fausses accusations du président français Emmanuel Macron.
Un communiqué publié par le ministère des Affaires étrangères indique que Macron a tenu jeudi une conférence de presse dans le cadre d'une réunion du Groupe politique européen dans la ville espagnole de Grenade.
Jeudi, Grenade a accueilli une réunion d'une journée du Groupe politique européen, qui comprend 47 pays, la troisième depuis son lancement, sur le multilatéralisme et la sécurité, et a discuté de l'agenda stratégique 2024-2029 sur des questions, notamment celles liées à l'expansion de l'Union européenne, outre la question de l'immigration et du renforcement de la coopération régionale en Méditerranée orientale.
Le groupe a été fondé en 2022 à Prague, la capitale tchèque, et a tenu sa première réunion en octobre de la même année.
Le communiqué du ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères ajoute : "Nous condamnons fermement et rejetons les allégations sans fondement contre l’Azerbaïdjan formulées par Macron lors de la conférence de presse tenue dans le cadre de la réunion du Groupe politique européen tenue à Grenade".
Il a souligné que les allégations de Macron selon lesquelles "l'Azerbaïdjan et la Türkiye ne participeraient pas à la réunion de Grenade" sont un exemple d'hypocrisie.
La même source a souligné que tous les participants savaient bien que la France s'opposait à la participation de la Türkiye à la réunion (à laquelle devaient participer l'Azerbaïdjan, l'Arménie, l'Union européenne, la France et l'Allemagne).
La diffusion de fausses informations par Macron sur cette question est une approche inconvenante de la part d'un chef d'État, selon le communiqué, signalant que "l'accusation de la France contre l'Azerbaïdjan d'occuper les terres arméniennes est ridicule".
Dans ce contexte, le communiqué souligne que la France a fermé les yeux sur l’occupation par l’Arménie de 20 pour cent du territoire de l’Azerbaïdjan pendant 30 ans.
"Il est ridicule que la France accuse l'Azerbaïdjan d'occuper 150 kilomètres carrés de territoire arménien. L'Azerbaïdjan n'occupait le territoire d'aucun pays. Il est illogique de prétendre que les terres sur lesquelles les forces azerbaïdjanaises sont déployées à la frontière appartiennent à l'Arménie... Macron avait mis en avant la nécessité de faire pression sur l'Azerbaïdjan... Parler avec l’Azerbaïdjan dans un langage de pression est futile et inacceptable", assure la même source.
"Au lieu de faire de telles déclarations irresponsables, il serait bénéfique que la France mette fin à sa politique de soutien et d’armement de l’Arménie agressive, qui empêche la paix et la stabilité dans la région", lit-on encore dans le communiqué.
Le 27 septembre 2020, l'armée azerbaïdjanaise a lancé une opération pour libérer ses territoires occupés dans la région du Karabagh, et après des combats qui ont duré 44 jours, la Russie a annoncé le 10 novembre que l'Azerbaïdjan et l'Arménie étaient parvenus à un accord de cessez-le-feu, stipulant que Bakou reprendrait le contrôle sur les provinces occupées.
Trois ans après que le groupe armé de la région a violé les accords, l'Azerbaïdjan a lancé le 19 septembre 2023 une nouvelle opération militaire, qui s'est soldée par le désarmement des groupes armés affiliés à l'entité arménienne et la dissolution de l'entité elle-même.
L'Azerbaïdjan a exigé la dissolution de l'entité arménienne pour réintégrer la population locale dans la région.
*Traduit de l'arabe par Wejden Jlassi