AA - Ankara - Nur Gülsoy
Le dialogue est la clé du processus de résolution a affirmé, lundi le vice-Premier ministre Yalcin Akdogan.
Invité à la table des éditeurs de l'Agence Anadolu, Yalcin Akdogan a évoqué l'état d'avancement du processus, indiquant qu'il s'agit de mettre fin à la violence à travers le dialogue mais sans compromettre la sécurité du pays.
"Le processus repose sur le dialogue. S'il y a un problème, nous chercherons à le résoudre en négociant, en dialoguant, par des voies démocratiques. Il est important que nous ayons relancé le dialogue avec le Parti démocratique des peuple, (HDP, opposition). L'essentiel dans ce processus est de mettre fin aux actes terroristes. Nous cherchons à poursuivre ce processus sans faire de concessions en ce qui concerne l'ordre et la sécurité publics, en protégeant les droits de nos citoyens. C'est essentiel pour nous et tout le monde doit bien le comprendre. Cela ne signifie pas un retour à la Turquie des années 1990" a-t-il déclaré
Le processus était entré dans une période difficile avec les manifestations de 6-7 octobre, quand le co-président du HDP avait appelé le peuple à poursuivre les manifestations sous prétexte de soutenir Kobani. Les heurts entre différents groupes avaient fait des victimes.
Le "processus de résolution" a commencé au début de l'année 2013, par un cessez-le-feu conclu entre le gouvernement turc et le Mouvement PKK, classée comme "organisation terroriste".
Le gouvernement avait promis des réformes démocratiques pour renforcer les droits de la population kurde qui représente 18% de la population totale.
Yalcin Akdogan s'est montré particulièrement sevère à l'égard du recours à la violence, estimant qu'il constitue une entrave très sérieuse à la reprise du dialogue. Il s'est en revanche félicité de la renconte avec le principal parti de l'opposition (CHP) tout en précisant que le processus sera long et nécessite beaucoup de volonté et de sincérité de la part de toutes les parties.
"Cette organisation (NDLR: PKK) estime qu'elle perdra l'appui de ses partisans si elle n'exerce pas de pression et ne recourt pas à la violence, a déclaré Yalcin Akdogan. C'est pourquoi elle ne veut pas y renoncer. Les événements autour de Kobani lui ont servi de prétexte. Il faudrait savoir, s'ils veulent régler le problème ou non? S'ils veulent renoncer à la violence et à cette mentalité cruelle? Voilà l'essentiel et sans cela, il serait vain de dire 'nous voulons une solution'. Il y a actuellement un climat plutôt favorable au processus de résolution. Notre rencontre avec le HDP est importante. Il n'est pas facile de résoudre un problème qui perdure depuis un siècle et qui s'est transformé en gangrène. Le processus nécessite de la patience, de la sincérité et de la détermination. Tout le monde doit en tirer des leçons. Le peuple soutient largement le processus".
Le vice-Permier ministre a toutefois exclu toute intervention étrangère dans le processus de résolution qui reste interne.
"C'est un processus interne que la Turquie a entamé elle-même par sa propre volonté. Il est inconvenable pour nous qu'un autre pays, un autre mécanisme, système, organisation ou structure intervienne. La Turquie poursuit ce processus par ses propres moyens et capacités", a-t-il souligné.
Evoquant la situation en Syrie, Akdogan n'a pas manqué de rappeler que les évenements ont donné raison à la Turquie qui a insisté pour combattre le régime d'al Assad en tant qu'unique responsable du malheur du peuple syrien, précisant que les tergiversations ont contribué à compliquer davantage la situation.
"Les propos de la Turquie ont été perçus comme des thèses romantiques, comme si la Turquie pensait uniquement à ses propres intérêts nationaux. À présent, nous voyons que nous n'avons pas tort. Nous sommes devant un régime cruel, utilisant les armes chimiques contre son propre peuple. Ce régime n'est plus convaincant. Il n'est désormais plus logique de dire, 'gardons le régime mais résolvons le problème.' De ce fait, nous devons agir plus clairement et avec détermination", a-t-il fait savoir.
"Le monde est suspendu à la question de savoir 'que se passera-t-il si al-Assad partait?', a conclu Yalcin Akdogan. C'est une situation qui inquiète Israël. Nous nous sommes mis dans la pire des situations à force de nous demander constamment 'que se passera-t-il si un régime plus atroce arrive au pouvoir (en Syrie)'. Et voici qu'a surgi l'EIIL".