Burç Eruygur
22 Septembre 2026•Mise à jour: 22 Septembre 2026
ISTANBUL (AA)
Le Kremlin a salué mardi la volonté du parti allemand de droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) d’engager un dialogue avec la Russie.
S’exprimant devant la presse lors d’un point de presse, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué ne pas disposer d’informations sur les tentatives rapportées de l’AfD d’établir des contacts avec Moscou.
« Toutefois, en tant que force politique allemande dont la popularité ne cesse de progresser et qui défend l’importance d’établir des relations avec notre pays, elle suscite naturellement notre sympathie », a déclaré Dmitri Peskov.
Il a ajouté que de telles prises de position étaient « bien plus favorables à nos yeux » que celles, qualifiées de « conflictuelles », du chancelier allemand Friedrich Merz.
Les déclarations de Dmitri Peskov interviennent au lendemain de l’appel lancé par l’AfD en faveur d’« une approche différente de la paix et de la diplomatie » afin de mettre un terme à la guerre entre la Russie et l’Ukraine.
Le parti a également invité Friedrich Merz à se rendre à Moscou pour des discussions.
« Nous souhaitons une bonne coopération avec toutes les grandes puissances, aussi bien avec les États-Unis qu’avec la Chine.
La politique de sanctions contre la Russie a principalement porté préjudice à l’économie allemande », a déclaré le coprésident de l’AfD, Tino Chrupalla, lors d’un point de presse à Berlin.
L’AfD a remporté les élections régionales en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, signant sa deuxième victoire dans un Land en seulement deux semaines, tandis que l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de Friedrich Merz a enregistré son plus mauvais résultat depuis sa création, il y a 81 ans, selon les résultats provisoires.
La CDU n’est pas parvenue à entrer au Parlement de ce Land du nord-est de l’Allemagne, recueillant seulement 4,9 % des voix, contre 13,3 % lors du précédent scrutin en 2021, soit juste en dessous du seuil électoral de 5 %.
L’AfD a obtenu environ 38,2 % des suffrages, devant les sociaux-démocrates de centre gauche du SPD, crédités de 35,5 %, selon la commission électorale.
Élargissement de l’ONU et refus de visa
Dmitri Peskov a également commenté le refus d’accorder un visa au vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexandre Alimov, accusant les États-Unis d’avoir manqué à leurs obligations en tant que pays hôte du siège des Nations unies en l’empêchant d’assister à l’Assemblée générale de l’ONU.
« Il ne fait aucun doute que cette question sera inscrite à l’ordre du jour lors des échanges avec les Américains », a déclaré Dmitri Peskov, qualifiant ce refus de visa de nouvel exemple d’« actions hostiles » contre Moscou.
Dmitri Peskov a également déclaré que la Russie estimait nécessaire de réformer le Conseil de sécurité des Nations unies. Cette réforme devrait, selon lui, inclure « impérativement » un élargissement du nombre de membres permanents de l’organe onusien.
Il a ajouté que les pays occidentaux refusaient de coopérer avec la Russie dans l’Arctique, sans que cela ne réduise pour autant le rôle de Moscou dans la région. Il a précisé que la coopération dans l’Arctique ne figurait pas actuellement à l’ordre du jour des échanges russo-américains.
Interrogé sur les informations faisant état d’un éventuel retrait des milliardaires russes Alicher Ousmanov et Mikhaïl Fridman de la liste des sanctions de l’Union européenne à 27, Dmitri Peskov a affirmé que Moscou considérait ces sanctions comme « illégales » et qu’elles devaient être levées pour l’ensemble des ressortissants russes.
Lundi, Politico a rapporté, citant trois diplomates informés des discussions, que les pays de l’Union européenne n’étaient pas parvenus à un accord sur le renouvellement du cadre de sanctions du bloc, qui entraînerait en contrepartie le retrait d’Alicher Ousmanov et de Mikhaïl Fridman de la liste.
D’après le média, la France a invoqué des « préoccupations liées à la sécurité nationale » pour justifier sa demande de retrait d’Alicher Ousmanov de la liste, rejoignant ainsi la Slovaquie, également favorable à cette mesure. Les pays de l’Union européenne devaient se réunir à nouveau mardi matin.
L’Union européenne a imposé en 2022 une interdiction de visa et un gel des avoirs à Alicher Ousmanov.
*Traduit de l'anglais par Serap Dogansoy