AA / Beyrouth / Hamza Tekin
Les parlementaires libanais ne sont pas parvenus à élire, mardi, un Président de la République au cours d’une dixième séance électorale aussi infructueuse que les neuf antérieures, toujours faute de quorum constitutionnel et ont été contraints de reporter la séance au 2 septembre.
A la séance du mardi, seulement 60 députés ont répondu présents, alors qu'une séance élective exige la présence des deux tiers des 128 parlementaires libanais, soit au moins 85 d'entre eux pour pouvoir élire le successeur du président Michel Sleiman dont le mandat a pris fin le 25 mai dernier
Samir Geagea, Président du parti des Forces libanaises et candidat à la présidence, a déclaré que «l’obstruction» de l’élection d’un nouveau président "n’est pas l’œuvre de la Coalition de 14 mars (qui soutient la révolution syrienne), mais celle de l’autre groupe», faisant référence à la Coalition du 8 mars, pro-Régime syrien.
Dans une déclaration aux médias à partir de son domicile au village de Meerab au Mont-Liban, le candidat à la Présidence a affirmé que l’ancien Premier ministre libanais et leader du mouvement al-Mostakbal, Saad Hariri, revenu au pays après trois ans d’absence, n’arrivera pas à convaincre le chef du Courant patriotique libre, Michel Aoun, de « faciliter l’opération électorale vu que le cardinal Bechara Boutros Raï lui-même n’y est pas parvenu ».
Geagea a considéré que «ce qui se passe est un crime envers la république libanaise qui avance, petit à petit, vers la suppression de la Présidence».
Le Président des « Forces libanaises » Samir Geagea et le député Henri Helou du bloc parlementaire de Walid Jomblat, figurent au premier rang des candidats annoncés à la présidence.
Le candidat favori et non annoncé à la présidentielle, Michel Aoun, avait lancé au début du mois de juillet, une initiative d’amendement de la Constitution selon laquelle le Président sera élu par suffrage universel à deux tours. Au premier tour, les chrétiens proposent deux candidats et au deuxième le peuple passe aux urnes pour élire l’un d’eux.
Cette initiative a été vivement contestée par des forces politiques libanaises, notamment la "coalition de 14 mars" qui considère que l’élection d’un Président doit être préalable à tout amendement de la Constitution.
D’autres partis politiques ont qualifié cette initiative de Aoun de retournement contre l’accord de Taef qui a mis un terme à la guerre civile au Liban en 1989 et qui prévoit le partage du pouvoir entre les musulmans et les chrétiens.