AA – Ankara – Naz Altinsoy
Le parlement de la République auto-proclamée d’Abkhazie a annoncé la dissolution du gouvernement dirigé par le Premier ministre Leonid Lakerbaya, le jeudi 29 mai.
Le parlement réuni pour trouver une solution à la crise politique déclenchée par les manifestations des opposants, n’a pas voté la confiance au gouvernement en place. Les parlementaires ont également invité le président Alexandre Ankvab à démissionner pour rétablir la paix, la stabilité et l’unité dans le pays.
Ankvab a affirmé de son côté qu’il demeurait l’autorité compétente de l'Exécutif et que Lakerbaya était toujours le Premier ministre.
"La plupart des députés n’ont pas participé à la session, a précisé Ankvab. Concernant l’appel à la démission, je ne répondrai pas à l’appel avant de les consulter, ainsi que les institutions politiques qui nous soutiennent et les organisations non-gouvernementales".
D'un autre côté, des milliers d’opposants manifestant contre la baisse du pouvoir d’achat et le chômage depuis le 27 mai, réclament la démission d’Alexandre Ankvab et du gouvernement, et la mise en place d'un "gouvernement populaire provisoire" pour diriger le pays.
Ankvab, contraint de quitter le bâtiment de l’administration présidentielle occupé par les opposants, a déclaré le mercredi 28 mai qu’il "n’avait pas quitté l’Abkhazie et qu’il menait des entretiens pour résoudre la crise", dénonçant un "coup d’État".
Suite à une guerre civile sanglante entre le gouvernement de Tbilissi et les groupes abkhazes de 1992 à 1993, l’armée géorgienne s’était retirée de l’Abkhazie, cette dernière avait autoproclamé son indépendance peu de temps après.
Après une guerre de cinq jours avec la Géorgie, lancée par une attaque russe, Moscou avait reconnu l’indépendance de l’Abkhazie et l’Ossétie en 2008.