Erbil Başay,Tuncay Çakmak
14 Mai 2019•Mise à jour: 15 Mai 2019
AA - Berlin - Tuncay Çakmak
L’Allemagne s’est engagée à prendre des mesures plus fortes contre les activités de l’organisation terroriste PKK, alors que ses membres intensifient leurs actions violentes dans le pays.
Lors d'une conférence de presse mardi à Berlin, le ministre de l'Intérieur, Horst Seehofer, a déclaré que le nombre d'infractions criminelles commises par des groupes extrémistes et terroristes étrangers en Allemagne a augmenté de plus de 50% en 2018, soit exactement 2 487 actes.
Seehofer a ensuite expliqué qu’après l’opération Rameau d’Olivier lancée en 2018 par la Turquie à Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie, les attaques contre les organisations et structures turques en Allemagne ont nettement augmenté.
"Les autorités de l'Etat continueront à tout mettre en oeuvre pour que les organisations terroristes et extrémistes étrangères n'utilisent pas l'Allemagne comme une zone d'action. Cela s'applique également et spécifiquement au PKK", a-t-il souligné.
L'année dernière, les partisans du PKK ont commis 1 873 infractions pénales en Allemagne, selon les statistiques annuelles annoncées par le ministre de l'Intérieur, une augmentation de plus de 80% par rapport à l'année précédente, tandis que les infractions violentes sont passées de 152 à 305 (+100,7%).
Bien qu'interdit en Allemagne depuis 1993, le PKK reste actif avec près de 14 000 partisans parmi la population immigrée kurde du pays.
Les partisans du PKK et de sa branche syrienne, le PYD / YPG, ont revendiqué l’année dernière des dizaines d’attaques contre des mosquées, des associations et d’autres institutions turques en Allemagne afin de protester contre les opérations de contre-terrorisme menées par la Turquie dans le nord-ouest de la Syrie.
Ankara a longtemps reproché à Berlin de ne pas prendre de mesures sérieuses contre le PKK et ses membres en Allemagne, qui l'utilisent comme plate-forme de collecte de fonds, de recrutement et de propagande.
Le ministre de l'Intérieur Horst Seehofer, homme politique conservateur influent, avait promis de prendre une position ferme contre les groupes extrémistes et terroristes étrangers après son entrée en fonction en 2018.
En février, deux principaux points de propagande du PKK en Allemagne ont été interdits et dissous, à la suite d'une action en justice du ministère de l'Intérieur.
Le PKK, considéré comme une organisation terroriste par la Turquie, les États-Unis et l’UE, mène depuis plus de 30 ans une campagne terroriste contre la Turquie et est responsable de la mort de près de 40 000 personnes, dont des femmes et des enfants.