AA / Amman / Hamza al-Akeyla
«La Jordanie n’a aucune extension en Syrie et nous nous employons à résoudre politiquement la crise en Syrie depuis 2011 et appelon toutes les parties à faire autant», a déclaré, mercredi, Abdullah Ensour, Chef du gouvernement jordanien.
Ensour animait, mercredi, une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre libanais, Tammam Salam, à Amman, à l’issue de leur entrevue.
«La Jordanie ne dispose pas d’extensions en Syrie de même qu’elle n’a pas d’organisations, d’agents, de fonds ni d’outils de destruction», a-t-il encore lâché.
Ensour répliquait à une question sur l’absence de la Jordanie et du Liban de toute discussion régionale portant sur la crise syrienne.
Et Ensour de poursuivre: «Cependant, nombreux sont ceux (sans déterminer de qui il s’agit) qui possèdent des acteurs qui représentent leur extension en Syrie».
«Notre intérêt en Syrie, avec qui nous partageons 380 kilomètres de frontières, réside dans le fait que ce pays soit stable et sécurisé», a encore dit le Chef du gouvernement du royaume hachémite.
Evoquant les relations avec le Liban, Ensour a relevé que «chacun des deux pays a été affecté par la crise syrienne, à cause, notamment, de l’accueil des réfugiés, et de la suspension de la compagnie aérienne jordanienne de ses dessertes vers le Liban, et partant, vers la Turquie».
«Les avions jordaniens ne survolent pas le ciel syrien pour des raisons d’ordre sécuritaire», a-t-il expliqué.
Ensour a abondé dans ce sens en indiquant que "l’un des impacts de la guerre consiste en l’interruption de la coopération commerciale avec le Liban, dans la mesure où les points de passage à travers la Syrie sont bloqués".
«Par conséquent, les échanges commerciaux et agricoles sont suspendus, ce qui a influencé les échanges avec la Turquie également», a-t-il fait remarquer.
A une question sur la capacité du royaume à gérer la situation avec un million 400 mille réfugiés syriens, contrairement aux problèmes et à la souffrance subis par le Liban, le Premier ministre jordanien a lâché : «Dans notre pays, il existe une seule autorité, en l’occurrence celle de l’Etat. Le Liban souffre du contraire».
De son côté, Salam a dit que le Liban «réitère son appel aux puissances internationales en vue de passer du stade du spectateur des malheurs de la crise syrienne à celui de l’identification d’une solution politique, à même de garantir la sécurité et la stabilité de la Syrie et le retour de millions de réfugiés établis en Jordanie, au Liban et en Turquie dans leur pays».
Tammam Salam a fait part des remerciements du Liban à la Jordanie pour les aides militaires et sécuritaires offertes (sans déterminer la valeur) à Beyrouth en vue de renforcer ses capacités à lutter contre le terrorisme.
Salam était arrivé en Jordanie à la tête d’une délégation ministérielle de haut niveau pour conduire les réunions de la Haute commission mixte jordano-libanaise.
Les deux délégations ont examiné plusieurs questions régionales d’intérêt commun et signé une série d’accords et de mémorandums d’entente.