Mona Saanouni
16 Novembre 2020•Mise à jour: 16 Novembre 2020
AA/Istanbul
Le président péruvien par intérim, Manuel Merino, a annoncé dimanche « sa démission non révocable », cinq jours seulement après son entrée en fonction.
La démission de Merino intervient après que le Pérou ne s’est empêtré dans sa pire crise constitutionnelle depuis deux décennies. Des protestations massives avaient eu lieu ses derniers jours après la destitution par le Congrès du leader populaire du pays Martin Vizcarra, pour des suspicions de corruption.
Merino a annoncé sa démission dans une allocution télévisée, peu de temps après que le parlement ne lui ai demandé de démissionner.
Le président péruvien a appelé dans son allocution à « la paix et à l’unité »
De son côté, le Parlement péruvien a appelé à la tenue d’une séance plénière exceptionnelle pour trouver une solution constitutionnelle et un successeur au président démissionnaire.
L’annonce du départ de Merino a provoqué une vague d’enthousiasme et d’applaudissements dans les rues où des milliers de citoyens ont continué à protester pour exiger son départ du palais gouvernemental.
Samedi, 3 personnes ont été tuées dans des manifestations contre la destitution par le Congrès péruvien du président du pays Martin Vizcarra pour suspicions de corruption.
Des médias locaux ont indiqué que des milliers de partisans de Vizcarra dans la capitale péruvienne Lima, exigeaient la démission du nouveau président Manuel Merino.
Le Congrès a destitué, lundi, Martin Vizcarra pour « incapacité morale ». Cent-cinq députés du Congrès ont voté pour la destitution de Vizcarra, 19 contre, alors que quatre autres se sont abstenus.
Le jour même Vizcarra s’est adressé à son peuple à travers son compte tweeter en ces termes : « Vous étiez le plus grand soutien et la plus grande force pour moi tout au long de deux ans et huit mois. Nous avons bâti ensemble cette voie malgré tous les défis et aujourd’hui je quitte ma fonction, la conscience tranquille».
Une enquête a été diligentée contre Vizcarra pour suspicion de pot de vin d’une valeur de 670 mille dollars qu’il aurait touché de la part d’une société entrepreneuriale alors qu’il était gouverneur de la ville de Moquegua entre 2011 et 2014.
*Traduit de l'arabe par Majdi Ismail