AA/Al Qods/Abderraouf Arnaout
Ayman Odeh, chef de la «Liste arabe Unifiée» à la Knesset (parlement israélien) a affirmé que les Arabes en Israël (Palestiniens de 1948) continueront à exiger d'être reconnus en tant que minorité nationale ayant droit à l’égalité intégrale.
Dans son premier discours prononcé lundi soir en hébreu à la Knesset, le député a déclaré : «Je me tiens aujourd'hui devant vous en tant que représentant d'une minorité nationale que l'Etat refuse obstinément d'accepter. Je connais par cœur des centaines de vers de Mahmoud Darwish et de Samih al-Qasim, j’apprécie les livres d’Emile Habibi et de Mohammad Ali Taha, que les arabes [d'Israël] ne sont pas autorisés à étudier dans les écoles».
Odeh s’est interrogé : «L’heure n’est-elle pas venue pour nous d’avoir dans nos écoles un contenu éducatif qui nous concerne ?».
Les œuvres des poètes palestiniens cités par Odeh sont en effet interdites dans les écoles arabes contrôlées par Israël.
Le député a affirmé: «La langue arabe est une langue officielle que l’on retrouve sur les pancartes dans les rues à Tel Aviv, sans qu'elle le dérange les habitants». Il a en outre considéré que «la reconnaissance des droits nationaux constitue un enrichissement de la communauté ».
Ayman Odeh a déclaré souhaiter que «les Juifs étudient la langue arabe, et que les arabes apprennent la langue hébraïque, pour que les étudiants juifs et arabes connaissent les grands penseurs des deux peuples», au lieu de «favoriser le sentiment de frustration suscité par la démolition des maisons des communautés arabes».
«Ce n’est pas un vœu pieux, nous pouvons atteindre cet objectif, comme nous pouvons choisir d’élargir le fossé entre nous. Mais nous pouvons choisir la vie» a clamé le député de la Liste arabe Unifiée, avant de conclure : «Nous allons continuer à exiger que l’on nous reconnaisse comme une minorité nationale, ayant le droit d’accéder à la pleine égalité. Et nous allons nous battre pour y arriver».
La première session de la Knesset après les élections s’est ouverte lundi soir.
La «Liste arabe unifiée» est née de l'alliance, pour la première fois, entre le parti communiste Hadash et les trois formations arabes: Le Mouvement islamique (branche sudiste), la Liste arabe pour le changement et le parti nationaliste (Balad).
La Liste arabe Unifiée dispose de 13 sur les 120 sièges que compte la Knesset, le parlement israélien.
Selon les statistiques israéliennes, 1,4 million d'Arabes vivent en Israël, représentant 20% de la population totale qui est estimé à 8,3 millions.