AA / Tunis / Adel Thabti
L’ambassadeur de Tunisie en Libye, Ridha Boukadi, a affirmé qu’une partie proche du «Mouvement djihadiste» libyen est derrière le rapt des deux diplomates Tunisiens, libérés, dimanche, et a menacé de demander "l’ouverture d’une enquête pour examiner les manquements dans la gestion de cette crise, si les demandes de démission qui lui sont adressées persistent".
L'ambassadeur tunisiena fait ces déclarations, à Anadolu, en marge d’une visite effectuée lundi, au domicile des deux diplomates, à Tunis, accompagné du Chargé des Affaires libyennes en Tunisie, Mohamed Maaloul, et de l’ancien ministre libyen de l’Intérieur et principal médiateur des négociations pour la libération des deux kidnappés, Mohamed Cheikh.
«Les demandes des ravisseurs concernaient la libération de deux Libyens détenus dans les prisons tunisiennes en raison de leur implication dans l’affaire de 'Rouhia'», a expliqué Ridha Boukadi, précisant que «la partie responsable du rapt est proche du courant Djihadiste».
S’agissant des étapes opérées par l’ambassade tunisienne à Tripoli pour résoudre l’affaire de kidnapping, Boukadi a expliqué : «C'est en nous basant sur de précédentes menaces que nous avons réussi à établir des hypothèses concernant l’identité des ravisseurs".
"Nous avons alors commencé à repérer les parties qui pourraient y être reliées afin de les contacter, pour ensuite identifier les personnes susceptibles de communiquer avec les kidnappeurs et nous avons sollicité leur aide», a explicité Boukadi, niant "catégoriquement" toute prise de contact directe avec les ravisseurs.
« Nous avons précisé aux médiateurs que la pression et les actes criminels ne mèneront à rien. Quiconque voudrait résoudre un problème devrait suivre les procédures légales » a affirmé Boukadi.
A propos des appels à la démission que lui ont adressés des politiques et des médias tunisiens, Boukadi a affirmé: "Ce sont les parties qui ont tenté d’entraver la résolution de cette affaire qui est derrière cette demande" (de démission).
Il a menacé de « demander l’ouverture d’une enquête, si ces appels persistent, afin de déterminer qui a commis des violations".
«Nous sommes convaincus de notre performance et de l’efficacité de nos procédures. Nous avons établi une stratégie et elle a abouti», a encore précisé l’ambassadeur.
Boukadi a critiqué la cellule de crise mise en place par le gouvernement tunisien et a dit qu’elle «n’a compris l’affaire que très récemment».
Le 20 mars dernier, Mohamed Bencheikh, un employé à l’ambassade de Tunisie à Tripoli a été enlevé par des hommes armés à Tripoli. Le 17 avril, moins d’un mois après le rapt de Ben cheikh, un diplomate tunisien, Al-Aroussi Kontassi, a été enlevé à son tour dans la même ville.