Mourad Belhaj
22 Octobre 2019•Mise à jour: 22 Octobre 2019
AA / Beyrouth / Bilal Baqeili
Le chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, a déclaré, mardi, que les réformes adoptées par le Premier ministre libanais, Saad al-Hariri, pour calmer la rue étaient « des drogues sans effet destinées à ne tenir qu’un certain temps ».
Le chef des Druzes a déclaré à Hariri, via son compte "Twitter" : « Combien de temps, Cheikh Saad, vous accrocherez-vous à cette entente qui nous coûte chaque jour plus cher ? ».
«Ne vaut-il pas mieux remanier le gouvernement et en évincer les symboles de tyrannie et de la corruption», a-t-il ajouté, soulignant que s’en prendre aux manifestants est une ligne rouge.
«Vendre le secteur public est un crime que nous avons rejeté par le passé», a-t-il déclaré, évoquant la proposition de Hariri de privatiser le secteur des télécommunications.
Bien que le parti de Joumblatt participe au gouvernement libanais avec deux ministres, ses relations avec ses partenaires sont tendues, en particulier avec le Mouvement patriotique libre, dirigé par le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil.
Depuis le début des manifestations, le Parti socialiste a exigé que Bassil soit personnellement démis de ses fonctions au gouvernement, car considéré à l’origine de tensions dans le pays.
A cet égard, Joumblatt a déclaré à la presse, lundi, que certains ministres, dont Gibran Bassil, devaient se retirer et que «nous ne pouvons rester avec eux au sein du gouvernement».
Hariri a annoncé, lundi, que le gouvernement avait approuvé le budget 2020 sans l'adoption de nouvelles taxes, mais avec l'adoption de plusieurs mesures qualifiées de réformes. Il s’agit notamment de réduire les salaires des députés et des ministres, ainsi que de supprimer le ministère de l’Information et les institutions qu’il a jugées inutiles.
Le Liban est, depuis jeudi soir, le théâtre de manifestations de colère, à Beyrouth et dans plusieurs villes, après que le gouvernement ait annoncé l’inclusion de nouvelles taxes dans le budget de l’année prochaine, affectant le secteur des télécommunications gratuites via la téléphonie mobile, entre autres, afin de fournir de nouvelles recettes au trésor public.