AA/ Benghazi/ Mootaz Majbri
«La tenue, dans les plus brefs délais, d’un deuxième round de dialogue politique en Libye est une nécessité impérieuse afin d’épargner au pays le chaos et l’effondrement économique», a déclaré l’émissaire onusien en Libye, Bernardino Léon, plaidant en faveur du «gel des hostilités».
L’émissaire onusien qui a eu, jeudi, des concertations avec les parties prenantes en Libye, issues de Tobrouk et de Tripoli, qui ont porté sur les moyens de mettre fin aux hostilités et de tenir «un dialogue politique » dans le cadre des efforts visant à régler la crise politique et sécuritaire en Libye.
Le site officiel de la mission onusienne en Libye a annoncé, vendredi, que la majorité du peuple libyen aspire à la paix et ne veut pas être tenue en otage par une minorité qui fait la loi dans ce pays.
Il est nécessaire de lancer le plus tôt possible le dialogue entre les parties libyennes, a souligné l’émissaire onusien.
«Le temps presse et tout report dans le traitement de la crise politique et sécuritaire en Libye ne fait que compliquer la situation et entraver les efforts visant à rétablir l’unité politique et institutionnelle et à relancer l’économie.», a-t-il averti.
«Nous recommandons de geler les hostilités pour une courte période afin de baliser la voie à l’instauration d’un dialogue ouvert et franc », a-t-il encore suggéré.
La proposition onusienne a été favorablement accueillie par les forces du général à la retraite Khalifa Haftar, a rapporté le site de la mission de l’ONU, soulignant que celui-ci a affirmé qu’il examinera la proposition avec ses adjoints.
Le dialogue inter-libyen a été pensé et initié par la Mission de l’ONU en Libye en vue de résoudre le conflit entre certains députés qui boycottent le parlement qui se réunit à Tobrouk (est) et les députés de CGN (Tripoli à l'ouest). Le premier round du dialogue s’est tenu en septembre dernier à Ghedamess (sud-ouest) et le deuxième a été reporté pour une date ultérieure en vue de se concerter avec toutes les parties de la crise libyenne.
La Libye subit, depuis des mois, une profonde crise politique entre deux courants idéologiquement opposés, à savoir le courant libéral et celui d'obédience islamique. Une crise qui a fini par donner naissance à une bipolarité gouvernementale véhiculée par deux parlements: le Congrès Général National (ancien parlement qui a repris ses séances tout récemment) et le parlement de Tobrouk (récemment dissous par décision de la cour constitutionnelle suprême).