AA/Le Caire/Hajer Dessouki
« Les forces pro-Haftar ne reconnaitront pas le gouvernement de M’aatiig dont la confiance a été votée dimanche, et avaient rejetté toute initiative lancée par le Congrès National Général (CNG) visant à parvenir à un consensus sur la composition de ce gouvernement" a affirmé le porte parole des forces pro-Haftar, Mohamed Hijazi.
Joint au téléphone, le colonel Hijazi a déclaré à Anadolu que les forces pro-Haftar refusent de reconnaitre le gouvernement de M’aatiig , de même qu’elles rejettent catégoriquement toute initiative émanant du CNG en vue d’imposer des diktats au peuple libyen».
« Le parlement s’est érigé en autorité souveraine alors que son mandat est expiré», a-t-il dénoncé.
Le Congrès National Général en Libye a accordé, dimanche après-midi, sa confiance au cabinet de Ahmed M’aatig.
Le vote de confiance en faveur du chef du gouvernement chargé a été appuyé par 83 députés sur un total de 93 membres qui ont pris part à la séance.Un vote qui intervient au moment où la candidature de M'aatig a suscité une polémique juridique et politique.
Certains estiment en effet que M’aatiig n’a pas obtenu le quorum juridique nécessaire pour accéder à la primature et partant sa candidature est réputée "nulle et non avenue".
Quatre jours auparavant, dans une déclaration télévisée, Haftar a appelé à la création d’un conseil de gouvernement civil pour gérer les affaires de l’Etat et dont la mission consisterait à constituer un « gouvernement transitoire de crise » et à « veiller à la tenue d'élections parlementaires ».
Répondant à une question sur un possible dialogue avec les habitants de Darna, le colonel Hijazi a tenu à affirmer que les forces pro-haftar «refusent tout dialogue avec ceux qui ont tué nos enfants».
Depuis le 16 mai, la Libye vit au rythme d’accrochages armés entre d'une part des forces du général à la retraite Khalifa Haftar et d'autre part des combattants parmi les révolutionnaires et des éléments d’obédience islamique qui relèvent de l’état-major de l’armée, dans une tentative de prendre le contrôle de la ville.
Ces affrontements ont fait, selon un bilan avancé par le ministère de la Santé, plus de 80 morts et 136 blessés.
Placée sous le signe «Dignité de la Libye », l'opération lancée, vendredi 16 mai, par le général Haftar vendredi, vise à "assainir la ville de Benghazi de la présence des milices», avait expliqué une source proche des forces du général en retraite.