Nadia Chahed
08 Mars 2017•Mise à jour: 08 Mars 2017
AA/Kinshasa / Pascal Mulegwa
Le Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l’Homme, Zeid Raad al-Hussein, a demandé mercredi l'ouverture d'une enquête de haut niveau sur la découverte de trois fosses communes dans la région du Kasaï ( Centre de la RDC), théâtre depuis quelques mois de violences en rapport avec une milice locale.
"J’invite le Conseil à établir une commission d’enquête pour examiner ces allégations. Mon bureau surveillera attentivement le développement judiciaire en ce qui concerne l’action par la force qui a mené à une mort de plus de 100 individus", a déclaré Zeid al- Hussein depuis Genève.
al-Hussein a, en outre, appelé le gouvernement congolais à entamer "le processus d’investigation pour les allégations des violations de droits de l’Homme attribuées aux soldats et à apporter son soutien à nos bureaux sur place".
Joint par Anadolu, mercredi en fin de journée, le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende a estimé que c'est "une agitation inutile, nous n'avons même pas besoin de ces déclarations pour enquêter. Nous avons depuis février dépêché une équipe de hauts magistrats qui nous ont parlé de plus de trois fosses communes découvertes".
Selon Mende, la milice de Kamwina Nsapu est l'auteur de crimes graves et d'exactions contre des populations dans la région du Kasaï.
"Il s'agit sans doute de ces personnes tuées et enterrées par la milice Kamwina Nsapu", a ajouté Mende.
Jeudi dernier, Lambert Mende a dans une conférence de presse reproché au bureau de l'ONU aux droits de l'homme de diffuser de "Fake news et faux rapports" pour salir l'image de la République démocratique du Congo dont l'existence est menacée.
Région diamantifère de la RDC, le Kasaï est le théâtre depuis août 2016 d’affrontements sanglants entre l’armée et les miliciens de Kamwina Nsapu, un chef traditionnel abattu en juin 2016 par la police dans la ville de Tshimbulu au Kasaï central.
Médecin de son état, Kamwina Nsapu (Jean-Pierre Pandi, de son vrai nom) avait appelé en juin dernier à une insurrection populaire visant à débarrasser le Kasaï-Central, de toutes les institutions et autres services sécuritaires, auteurs selon lui, des "tracasseries contre les populations".
Fin janvier, les autorités congolaises avaient relaxé une quarantaine des miliciens de Kamwina Nsapu dans la ville de Kananga, afin d'apaiser la situation dans cette région diamantifère de la RDC.
Des affrontements entre ces miliciens et les forces de sécurité congolaises ont fait au moins 400 morts entre août 2016 et février 2017, selon l'ONU.