AA / Moscou / Nidhal Jabr
Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a affirmé que «la position de Riyad n’a pas changé vis-à-vis de la crise syrienne et Bachar al-Assad est une partie du problème et ne pas faire partie de la solution».
S’exprimant lors d’une conférence de presse avec son homologue russe Serguei Lavrov, mardi à Moscou, al-Jubeir a insisté: «Nous n’avons pas connaissance d’une initiative russe pour la formation d’une alliance régionale contre le terrorisme qui nous réunit avec la Turquie et le régime al-Assad. Aucune coopération ne peut exister entre nous et al-Assad».
Il a, en outre, rappelé que son pays est «un membre fondateur de la coalition internationale contre Daech et le terrorisme» et que «les forces aériennes saoudiennes participent activement aux opérations de la coalition militaire».
Le chef de la diplomatie saoudienne a réaffirmé le soutien de son pays à une solution politique à la crise syrienne fondée sur les principes de la conférence de Genève 1. Il a dans ce sens relevé que les positions de Moscou et Riyad divergent sur l’interprétation des principes de la Conférence de Genève 1.
«Nous pensons que le point relatif à la formation d’une instance dirigeante transitoire [jouissant de toutes les prérogatives et chargée de réécrire la Constitution et d’organiser les élections] n’inclut pas al-Assad, alors que nos amis russes pensent que la composition de l’instance doit se faire sur la base d’un consensus national entre toutes les parties syriennes, y compris le régime al-Assad», a-t-il expliqué.
Revenant sur la position de l’Arabie Saoudite vis-à-vis du régime syrien, al-Jubeir a insisté : «Nous ne pouvons pas dialoguer, coopérer, ou accepter qu’al-Assad soit une partie de la solution, lui qui a tué plus de 300 mille de ses concitoyens, fait plus de 12 millions de réfugiés syriens, détruit l’infrastructure de son pays, et laissé entrer et s’installer Daech pour en faire plus tard un outil de polarisation sous prétexte de lutter contre le terrorisme».
Et d’enchainer: «Nous allons poursuivre le dialogue et le travail avec nos amis russes pour parvenir à un consensus sur tous les points. Nous sommes entièrement d’accord avec eux sur la lutte contre le terrorisme, et plusieurs points convergents nous unissent sur d’autres dossiers importants».
Le ministre russe des Affaires étrangères a, pour sa part, souhaité la bienvenue à la délégation saoudienne, soulignant que la visite de «Ben Salmane» [Mohamed Ben Salmane, vice-prince héritier et ministre de la Défense, ndlr] en Russie, en juin dernier, était «importante» et «marquante».
Il a ajouté que la visite du roi Salmane à Moscou, prévue avant la fin de l’année, «donnera une nouvelle impulsion» aux relations russo-saoudiennes.
Il a, en outre, insisté sur l’opposition de Moscou à toute solution militaire en Syrie, considérant que «la solution ne peut être que politique, et aux mains des Syriens eux-mêmes».