AA/Rabat/Khaled Mejdoub
Le parti de la Justice et du Développement (PJD) au pouvoir, au Maroc, a annoncé la suspension d’un de ses députés, Abdelaziz Aftati, de ses responsabilités, en raison de la visite effectuée la semaine dernière à la frontière avec l'Algérie, et des «réactions et répercussions» qu’elle a provoquée.
La décision a été prise à la suite d'une réunion tenue lundi soir, sous la présidence du Premier ministre et secrétaire général du parti, Abdelilah Benkirane, précise un communiqué publié par le PJD, dont Anadolu a reçu une copie.
La suspension intervient après la visite, effectuée jeudi dernier par Aftati, aux frontières entre le Maroc et l’Algérie, considéré par le secrétariat général de son parti, comme «un acte irresponsable constituant une violation des principes du parti et de ses orientations».
Abdelaziz Aftati député de la ville d’Oujda (nord-est) et assume au sein de son parti les fonctions de président de la commission de la transparence.
Selon les médias locaux, la visite effectuée par le député dans des régions marocaines frontalières de l'Algérie, près du mur érigé par les autorités marocaines entre les deux pays, a précipité la suspension d’un officier de la gendarmerie royale, Noureddine Benachir, qui aurait accompagné le député. Mais la direction de la gendarmerie n’a pas fait de déclaration officielle au sujet du limogeage.
De son côté, Aftati a reconnu, dans une déclaration publiée par le journal électronique marocain « Al Yaoum24 » avoir visité la région frontalière jeudi dernier, soulignant cependant: «Si la zone était interdite, l’Etat n’aurait pas consacré de l’argent à son développement».
Selon des propos rapportés par le journal "Al-Sabah" (privé), le député a démenti avoir invoqué le premier ministre pour justifier une visite dans sa circonscription, qui comprend deux régions frontalières.
A noter que la frontière terrestre algéro-marocaine est fermée depuis 1994, à l’initiative des autorités algériennes en réaction à l’imposition par Rabat d’un visa d'entrée à ses ressortissants. Le Maroc avait accusé l’Algérie d’être impliquée dans une fusillade visant un hôtel à Marrakech.
La tension règne entre les deux pays depuis des décennies en raison du conflit sur le Sahara occidental. Rabat reproche à Alger son soutien au Front Polisario, qui lutte pour l'indépendance de l'ancienne colonie espagnole annexée par le Maroc en 1975.