Sarp Özer,Merve Yıldızalp,Tuncay Çakmak
04 Juillet 2017•Mise à jour: 04 Juillet 2017
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le ministre turc de la Défense, Fikri Isik, a sévèrement condamné l’attaque par des garde-côtes grecs d’un bateau marchand turc en Mer Egée, qualifiant cet acte de "perte flagrante de lucidité".
Le ministre était l’invité de la chaine publique turque TRT Haber.
Il a répondu aux questions des journalistes relatives à l’actualité nationale et internationale.
Il est d’abord revenu sur l’attaque, lundi, par des garde-côtes grecs d’un navire marchand turc dans les eaux internationales en Mer Egée, à proximité de l’île de Rhodes.
Plusieurs tirs ont touché la coque du bateau, sans faire de blessés à bord.
"Rien ne peut justifier les tirs contre un navire marchand turc dans les eaux internationales en Mer Egée. Ça n'a aucune logique. C'est une perte flagrante de lucidité", a-t-il dénoncé.
Le ministre s’est davantage offusqué des explications officielles fournies par les autorités grecques après l’incident.
"Ils ont donné des explications qui sont presque plus grave que les faits, comme on dit dans un proverbe turc. Ils parlent de drogue etc. Si c’était vraiment le cas, avant tout il faudrait prendre contact avec nos garde-côtes. Nous aurions pu intervenir ensemble et vérifier la véracité de cette information. Ça aurait été un bon exemple de coopération internationale dans la lutte contre le trafic de drogue. Mais ils ne l’ont pas fait, il est clair qu’ils n’ont pas agi de manière bienveillante", a-t-il ajouté.
Fikri Isik s’est aussi exprimé sur les discussions avec la Russie concernant l’acquisition du système anti-missile russe S-400.
"Les discussions techniques sont terminées. La décision finale est désormais attendue. Nous discutons actuellement sur les modalités de financement, nous devrions trouver un accord dans les prochains jours", a-t-il fait savoir.
Le ministre de la Défense est aussi revenu sur la crise entre le Qatar et ces pays voisins du Golfe.
Isik a d’abord souhaité rappelé que la question de l’installation d’une base militaire turque au Qatar est un projet démarré en 2014, donc bien avant la crise actuelle.
"Nous ne comprenons pas pourquoi cette base dérange nos amis du Golfe. Nous avons été très attristés de voir cette question apparaître dans les conditions évoquées contre le Qatar", a-t-il expliqué.
"La Turquie et le Qatar ont une relation stratégique. Personne ne doit attendre de la Turquie qu'elle se désengage du Qatar. Il n’est pas légitime que des tensions supplémentaires soient suscitées dans la région sur des critères totalement subjectifs", a-t-il poursuivi.
Pour conclure, Fikri Isik a répondu aux questions concernant la situation en Syrie, l’aide militaire des Etats-Unis à l’organisation terroriste PKK/PYD et l’éventualité d’une opération militaire turque à Afrin en Syrie.
"La Turquie est en droit d’intervenir à la source de toute menace qui viserait son intégrité et la sécurité de ses citoyens", a-t-il d’abord souligné.
"Nous répondons à chaque tir ou attaque qui provient de la région d’Afrin dans le nord de la Syrie. Si cette menace devient permanente, alors nous ferons le nécessaire. C’est aussi valable pour la région de Manbij. Personne n’est en droit de remettre en question ce droit de la Turquie à se défendre", a-t-il affirmé.