AA/Niamey/Balima Boureima
Deux membres du groupe armé nigérian Boko Haram ont été tués, lundi, par les forces nigériennes alors qu’ils tentaient d’attaquer la prison de Diffa, dans le sud-est du Niger, aux frontières avec le Nigéria, pour libérer des prisonniers, a appris Anadolu de source médicale nigérienne.
Cette attaque porte au total à 111 le nombre d'assaillants tués en plus de quatre morts du côté des forces armées nigériennes, et un civil depuis la première attaque de Boko Haram sur le sol nigérien, vendredi dernier, selon un bilan de Anadolu établi depuis des sources sécuritaires et médicales dans le sud-est du Niger.
« Trois éléments armés de Boko Haram ont tenté de prendre la prison de Diffa mais ils ont été repoussés par les forces sécuritaires. Deux combattants ont été tués, le troisième est parvenu à prendre la fuite », a expliqué le Dr Mamadou Alio, responsable médicale joint par Anadolu.
« Depuis hier 23 heures (dimanche), jusqu’à ce matin, nous avons entendons de nombreux échanges de tirs dans la ville », a ajouté Alio.
Aucun bilan officiel de perte en vie humaine du côté de l'armée ou des civils n'a cependant pu être obtenu jusqu'à 11h20 GMT.
Selon une autre source locale, cette attaque, qui plonge à nouveau la population de Diffa dans l’effroi, après un précédent il y a quelques jours, avait pour but de faire s’évader des éléments présumés de Boko Haram, actuellement en détention et ainsi grossir les rangs du groupe, selon la même source.
Cette attaque est la troisième du genre en l'espace d'une semaine au Niger.
Dimanche, le groupe armé avait attaqué le marché de Diffa en y faisant exploser un engin qui a fait un mort et vingt blessés, selon une source médicale.
Vendredi, le groupe armé a mené sa première offensive sanglante sur le territoire nigérien, à Bosso autre région frontalière du Nigéria (située à 100km à l’ouest de Diffa). Cette attaque avait fait 4 morts parmi les militaires nigériens et 109 tués dans les rangs de Boko Haram, selon le ministre de la Défense nigérien, Karidjo Mahamadou.
Ces offensives de Boko Haram font suite à la décision du Niger d’envoyer des militaires au Nigéria pour participer aux opérations militaires menées depuis le 16 janvier dernier par une coalition tchado-camerounaise dans l’Extrême Nord du Cameroun, contre le groupe armé nigérian. Cette décision devrait être ratifé par le parlement nigérien, lors d'une séance prévue lundi après-midi.
Des centaines de membres de Boko Haram et des dizaines de militaires tchadiens et camerounais ont été tués en une semaine sur ce front camerounais, selon des sources tchadiennes et camerounaises.
Près de 8700 hommes vont également être déployés dans le cadre de l'opérationnalisation prochaine d'une Force Multinationale Mixte (FMM) décidée, samedi soir, au terme d’une réunion de trois jours à Yaoundé, par des experts de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT- qui regroupe le Niger, le Nigéria, le Mali, le Cameroun et le Tchad) et le Benin, selon des sources officielles.