AA/ Niamey/ Balima Boureima
Au moins 90 personnes, dont des responsables politiques de l’opposition nigérienne, sont toujours aux arrêts, lundi, après de violentes échauffourées qui ont opposé les forces de l’ordre aux militants des partis politiques, selon le Gouverneur de la région de Niamey, Hamidou Garba.
Les militants de l’Alliance pour le réconciliation, la démocratie et la république (Ardr- coalition de l'opposition), avaient maintenu une manifestation, programmé dimanche, malgré son interdiction par les autorités nigériennes pour "des raisons sécuritaires", après de violents affrontements dans plusieurs régions du pays sur fond de contestations de caricatures du Prophète Mohamed dans un magazine français, qui ont fait une dizaine de morts, selon une déclaration à la télévision publique du gouverneur de la région de Niamey, Hamidou Garba, dimanche soir.
"Aucun blessé ni aucun mort" ne sont à déplorer selon Garba.
"C’est une dictature qu’Issoufou Mahamadou [président nigérien, ndlr] veut imposer au peuple nigérien, sinon pourquoi interdire une manifestation à la dernière minute alors qu’elle a été programmée de longue date » a déclaré, lundi, à Anadolu, Bakary Seidou, député du Mouvement démocratique pour une fédération africaine (Moden/Fa Loumana, parti de l’ex-président du Parlement, en fuite en France).
« Nous leur avons rendu visite hier [dimanche, ndlr] dans l'après-midi, il y avait au moins 91 personnes, dont une quinzaine de femmes » poursuit Bakary Seidou.
Parmi les interpellés, figurent le porte-parole de la coalition de l'opposition, Ousseini Salatou et Soumana Sanda du parti Moden, a confirmé, lundi, à Anadolu, Lamido Moumouni, député du Mouvement national pour la société de développement (Mnsd Nassara-principal parti de l’opposition).
Un constitutionnaliste, Amadou Boubacar Hassane, a également été interpellé selon des sources associatives à Anadolu. Des griefs d« incitation à la violence » lui seraient reprochés sur fond de sa récente participation à un débat diffusé sur une chaîne privée, selon les mêmes sources.
Durant toute la matinée du dimanche, de violents affrontements se sont engagés entre les militants de l’opposition et les forces de l’ordre. Des tirs au gaz lacrymogène ont été lancés et les forces de l'ordre ont poursuivi les manifestants dans les rues adjacentes.
« Nous avons reçu le gaz lacrymogène à la place Toumo, ensuite au niveau du siège du bureau politique du Mnsd Nassara.» a expliqué Bakary Seidou "C’est au niveau du siège que des personnalités de l'opposition ont été arrêtées."
Cette manifestation, qui a rassemblé près de 300 personnes, entendait contester "le concassage de l'opposition par le pouvoir qui offre des postes dans le Gouvernement aux dissidents", et "une mauvaise gouvernance", une critique dont l'un des points phares demeure l'acquisition récente d'un avion présidentiel, dans des conditions décriées par l'opposition, selon une déclaration lue, samedi soir, par Ousseini Salatou, retransmise sur une télévision privée.