Hakan Çopur,Seyit Aydoğan,Nur Asena GÜLSOY,Mona Saanouni
16 Janvier 2018•Mise à jour: 16 Janvier 2018
AA – Vancouver – Nur Gülsoy
Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a indiqué que la position de son pays sera "différente" si les Etats-Unis préfèrent une organisation terroriste à la Turquie.
C'est ce qui ressort des déclarations de Cavusoglu, lundi soir dans la ville canadienne de Vancouver, où il a effectué une visite pour participer à une réunion des ministres des Affaires étrangères au sujet de la sécurité et de la stabilité dans la péninsule coréenne.
Il a abordé les dernières démarches des États-Unis qui soutiennent l'organisation terroriste YPG en Syrie.
"Les Etats-Unis doivent être francs, est-ce qu’ils veulent diviser la Syrie, ou veulent-ils son intégrité territoriale?", s'est demandé Cavusoglu.
Le ministre turc a ajouté que les États-Unis ne peuvent pas publier des communiqués au nom de la coalition internationale de lutte contre Daech, parce que "la Turquie fait aussi partie de ses membres".
"Nous ne pouvons pas faire confiance aux pays qui coopèrent et soutiennent des organisations terroristes qui sont nos ennemis", a-t-il renchéri.
Il a ajouté que "son pays prendra les mesures sécuritaires (contre les organisations terroristes), indépendamment de qui les soutient, peu importe s'il est question des États-Unis ou d'un autre État".
Cavusoglu a souligné que "la Turquie luttera contre PYD comme nous l'avait fait avec PKK à Afrin, dans l’est de l’Euphrate et partout, c’est une question d’existence pour nous ".
"Washington et les Occidentaux doivent être francs, est-ce qu’ils veulent diviser la Syrie ? Ou veulent-ils son intégrité territoriale ?", s'est-il demandé.
Il a rappelé que le président américain, Donald Trump avait affirmé plusieurs fois à son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, que son administration n'allait plus fournir d'armes au YPG, mais que d'autres institutions américaines ont affirmé autre chose par la suite.
"Un pays qui ne tient pas ses promesses peut-il être fiable?", a lancé Cavusoglu.
"Nous l'avons observé tout récemment lors du vote organisé aux Nations Unies (ONU), à propos de Jérusalem".
Il est prévu que Cavusoglu se réunisse, mardi, avec son homologue américain, Rex Tillerson, pour discuter de ces questions.
Le colonel Ryan Dillon, porte-parole de la Coalition internationale de lutte contre Daech dirigée par les États-Unis, avait annoncé la mise en place d'une «Force de Sécurité Frontalière» de 30 mille hommes en Syrie, regroupant également des éléments des Forces Démocratiques Syriennes (FDS, couverture du PYD/PKK).
S'exprimant à l'Agence Anadolu, Dillon avait indiqué que «la Coalition internationale coopère avec les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) sur ce projet».
Il avait précisé que 230 personnes ont été entraînées.