AA/ Beyrouth/ Hamza Tekin
Le ministre libanais des Affaires étrangères, Gebran Bassil, a affirmé vendredi, que le nombre des déplacés syriens a dépassé 35% de la population du Liban, soulignant l’échec de la Communauté internationale à assumer ses responsabilités à l’égard de cette crise.
« Cette problématique ne pourrait être résolue que si le gouvernement libanais procède à la réduction du nombre des déplacés», a soutenu le chef de la diplomatie libanaise, lors d’une conférence de presse organisée au siège de son ministère.
En plus de leur nombre, les déplacés syriens font plusieurs enfants d'après le ministre qui a indiqué que les hôpitaux ont recensé 80 naissances syriennes pour 40 libanaises. Il a rappelé en outre qu'avoir trois enfants sur le sol libanais annule de facto le statut de réfugiés aux parents.
Il a également indiqué que le ministère de l'Education a enregistré récement 88 mille élèves syriens contre 85 mille libanais.
A cet égard, le chef de la diplomatie libanaise a considéré que la communauté internationale est le premier responsable de cette crise: «Elle a complétement échoué à assumer ses responsabilités à l’égard de la crise des déplacés syriens», a-t-il martelé.
Bassil a souligné également que le Liban dépense 100 millions de dollars par mois pour approvisionner les camps de réfugiés syriens. De même, « Le Liban n’a pas usé de son droit pour interdire aux déplacés syriens de travailler dans des secteurs d'activités auxquels ils ne sont pas éligibles», a ajouté le ministre.
«Toute forme de légalisation des camps de Syriens au Liban est une forme de réinstallation», a-t-il estimé, mettant en garde contre une sédition entre Libanais et Syriens.
Bassil a considéré que les aides directes aux déplacés syriens les encouragent à rester au Liban, insistant sur le fait que les camps ont été installés pour les Syriens qui sont dans l’impossibilité de retourner chez eux. Il a, également, mis l’accent sur l’impossibilité d’autoriser l'installation de camps de réfugiés syriens dans les territoires libanais, «puisque cela entrainera l’établissement de villages syriens au Liban », a-t-il expliqué.
Face à cette situation, la seule solution, selon le ministre, est de procéder à la réduction du nombre des déplacés syriens, invitant à "éviter les calculs partisans restreints et à traiter la situation de manière rationnelle".
La semaine dernière, le ministre libanais des Affaires sociales, Rachid Derbas a mis en garde contre "l’incapacité du Liban" à subvenir aux besoins quotidiens grandissants en matière de services, d'infrastructures et de sécurité. Le Liban a accusé "une perte sèche de 10 milliards de dollars à cause des effets collatéraux de la crise syrienne, notamment l’affluence des déplacés qui atteindront le tiers de la population libanaise à la fin de l’année", selon Derbas.
L'UNHCR a recensé 1.115.000 déplacés syriens, d’après son rapport publié à la fin du mois de juin, alors que le gouvernement libanais affirme que le nombre a dépassé un million et demi.