Seyit Şamil Kurt, Merve Berker
02 Septembre 2026•Mise à jour: 02 Septembre 2026
La perspective d’une adhésion de la Türkiye à l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) « ne signifie en aucun cas qu’elle tourne le dos à l’Occident », a déclaré mercredi le président Recep Tayyip Erdogan.
S’exprimant devant des journalistes à bord de l’avion présidentiel, à son retour du sommet des chefs d’État de l’OCS organisé à Bichkek, au Kirghizistan, auquel il a participé à l’invitation du président kirghiz Sadyr Japarov, Erdogan a affirmé qu’Ankara souhaitait mener une politique étrangère diversifiée.
« Notre objectif est d’accroître notre propre poids grâce à une vision à 360 degrés », a-t-il déclaré.
Concernant la guerre entre la Russie et l’Ukraine, Erdogan a indiqué que le président russe Vladimir Poutine et lui-même souhaitaient que le conflit prenne fin par la paix dans les plus brefs délais.
Il a également souligné l’importance de la sécurité du transport maritime civil en mer Noire, estimant que les combats ne devaient pas atteindre un niveau susceptible de menacer la sécurité des civils et les activités commerciales.
Erdogan a averti que la crise céréalière réapparaissait, notamment en Afrique, et jugé utile de prendre une initiative avant que le problème ne s’aggrave davantage.
Programme F-35 et chasseur national turc KAAN
Abordant les questions de défense, Erdogan a indiqué que la Türkiye poursuivait les discussions sur son retour dans le programme des avions de combat F-35.
« Nous poursuivons nos discussions sur la réintégration de la Türkiye au programme. Une fois les procédures achevées aux États-Unis, cette question sera derrière nous », a-t-il déclaré.
Erdogan a parallèlement souligné que la Türkiye continuerait à développer ses propres capacités de défense.
« Nous ne renonçons ni au KAAN ni au développement de nos propres systèmes de défense aérienne. Nous élargissons les possibilités de la Türkiye. C’est la feuille de route d’une Türkiye forte », a-t-il affirmé.
Concernant l’Alliance de défense de La Mecque, Erdogan a déclaré que ce pacte avait été créé afin de promouvoir la stabilité et la sécurité dans la région.
« Nous poursuivrons notre chemin avec nos frères, en devenant plus forts », a-t-il ajouté.
« La Grèce doit abandonner cette mauvaise voie »
Erdogan a également appelé la Grèce à abandonner une « mauvaise voie » et à cesser d’armer les îles dotées d’un statut démilitarisé.
« L’histoire est un très bon guide pour ceux qui savent en tirer des leçons », a-t-il déclaré.
« La Grèce doit désormais comprendre ceci : la Türkiye ne convoite le territoire de personne, mais elle ne permettra à personne de violer ses droits », a ajouté Erdogan.
Processus pour une « Türkiye sans terrorisme »
Concernant l’initiative pour une « Türkiye sans terrorisme », Erdogan a déclaré qu’Ankara considérait ce processus comme une question d’objectifs à atteindre, plutôt que de simple respect d’un calendrier.
« En tant qu’État, nous disposons bien entendu de notre feuille de route, de notre plan et de notre calendrier », a-t-il déclaré.
Évoquant le cadre législatif lié au processus, Erdogan a affirmé que sa mise en œuvre nécessitait que le PKK dépose les armes et se dissolve.
« La manière dont les constatations et les vérifications seront effectuées est claire. Le processus progresse étape par étape », a-t-il indiqué.
Erdogan a déclaré que la Türkiye ne tolérerait aucune approche portant atteinte au sentiment de fraternité nationale ou risquant de raviver les lignes de fracture créées par le terrorisme dans le passé.
« Nous renforcerons le front intérieur. Malgré nos différences, nous nous unirons autour du dénominateur commun qu’est la Türkiye. Nous appelons cela le “Consensus de la Grande Türkiye”. Nous avançons en sachant ce que nous faisons », a-t-il ajouté.
Syrie et dissolution des FDS
Concernant la Syrie, Erdogan a déclaré que la Türkiye souhaitait voir le pays uni dans toutes ses composantes, soulignant qu’une telle unité était importante pour le développement durable et le renforcement des capacités.
Abordant la dissolution des Forces démocratiques syriennes (FDS), Erdogan a estimé qu’une telle mesure « ouvrirait la porte à une nouvelle ère pour l’ensemble de la région ».
« Le chapitre du terrorisme doit désormais se refermer. L’ère des armes et de la violence doit maintenant prendre fin », a-t-il déclaré.
*Traduit de l'anglais par Serap Dogansoy