Amir Latif Arain
16 Septembre 2026•Mise à jour: 16 Septembre 2026
ISLAMABAD (AA)
Le pacte de défense Türkiye-Arabie saoudite-Pakistan vise une « dissuasion collective », selon l’armée pakistanaise.
L’armée pakistanaise a affirmé mercredi que le pacte de défense trilatéral conclu entre la Türkiye, l’Arabie saoudite et le Pakistan visait à assurer une « dissuasion collective » et ne poursuivait « aucune ambition régionale ».
« Il formalise les relations qui existent depuis des décennies entre le Pakistan et le Royaume d’Arabie saoudite, ainsi qu’avec le pays frère qu’est la Türkiye, dans les domaines de la dissuasion collective et de la défense des trois pays », a déclaré le porte-parole de l’armée pakistanaise, le lieutenant-général Ahmed Sharif Chaudhry, dans un entretien accordé au diffuseur saoudien Al Arabiya.
Interrogé pour savoir si le pacte, signé à La Mecque le mois dernier, constituait principalement un accord de coopération défensive ou le début d’une alliance stratégique plus large, Chaudhry a affirmé qu’il était « défensif, comme son nom l’indique ».
Le pacte prévoit qu’une attaque contre l’un des trois États membres soit considérée comme une attaque contre l’ensemble des membres.
La première réunion de l’alliance s’est tenue à Istanbul le 31 août. Il y a été décidé que le Pakistan dirigerait dans un premier temps le secrétariat de l’alliance pour une durée de trois ans.
« C’est défensif. Il n’y a rien d’agressif. Il n’y a aucune ambition régionale. Il s’agit de dissuasion collective », a-t-il déclaré, ajoutant que l’accord était également « complémentaire ».
« Cet accord de défense mutuelle est de nature complémentaire. Il n’entre pas en concurrence avec les autres relations de ces pays », a-t-il ajouté, soulignant que les trois alliés entretiennent parallèlement des relations indépendantes avec d’autres États, blocs et alliances.
Les détails opérationnels ne seront pas rendus publics
Interrogé sur la manière dont le Pakistan réagirait si l’un des pays membres était attaqué, Chaudhry a indiqué que les modalités opérationnelles des engagements défensifs n’étaient jamais rendues publiques.
« Vous avez plusieurs autres accords qui sont de nature défensive et qui comportent des engagements. Mais aucun pays ne commence à en divulguer les détails opérationnels », a-t-il déclaré.
« C’est aux trois pays d’en décider, et c’est à eux de les connaître et de les mettre en œuvre », a-t-il poursuivi.
Interrogé sur le fait de savoir si cette alliance était « complémentaire ou concurrente » de la relation que le Pakistan entretient depuis plusieurs décennies avec la Chine, Chaudhry a répondu : « Nous devons comprendre que les relations entre le Pakistan et l’Arabie saoudite, ainsi qu’entre le Pakistan et la Türkiye, ne sont pas apparues du jour au lendemain. Les Chinois le comprennent, tout comme le reste du monde, et savent à quel point ces relations sont historiques. Nous les avons simplement formalisées. »
Pas une alliance exclusivement musulmane
À la question de savoir si l’accord de défense pourrait s’intégrer à une architecture de sécurité plus large dans le monde musulman, Chaudhry a souligné que rien dans le pacte ne stipulait qu’il s’agissait d’une alliance musulmane, précisant qu’il s’agissait d’une alliance destinée à favoriser la stabilité régionale.
« Ce n’est pas un club créé uniquement pour les pays musulmans », a-t-il déclaré, ajoutant que toute décision concernant l’élargissement de l’alliance serait prise par les dirigeants des trois pays.
Selon lui, l’alliance pourrait également accueillir de nouveaux partenaires disposés à la rejoindre, qui partagent l’objectif de paix, de stabilité et de sécurité régionales, ainsi qu’une vision commune fondée sur la non-agression, la non-ingérence et la dissuasion collective.
*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir