AA - Paris - Bilal Muftuoglu
La France maintient ses réserves sur le dossier du nucléaire iranien, alors que le groupe P5+1 [les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, soient les Etats-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, la France et la Chine, plus l'Allemagne] et l'Iran sont convenus jeudi soir d'un accord de principe sur les paramètres de règlement du programme nucléaire développé par Téhéran.
Dans un communiqué publié jeudi, le président français François Hollande a salué en premier lieu ''le travail accompli par les ministres des Affaires étrangères'' des pays participants aux négociations dans la ville de Lausanne en Suisse et leur ''engagement tout au long de ce processus, ainsi que les bases de l’accord qui ont été trouvées''.
Rappelant que les modalités de l'accord final doivent être définies avant le 30 juin, Hollande a assuré que la France veillera à ce qu'un ''accord crédible'' soit atteint et que l'Iran ne soit pas ''en situation de se doter de l’arme nucléaire''.
''Les sanctions levées peuvent être rétablies si l’accord n’est pas appliqué'', a par ailleurs mis en relief le président français.
Le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, a aussi fait preuve de prudence, s'exprimant vendredi matin sur la station de radio française Europe 1. ''Rien n'est acté tant que tout n'a pas été acté'', a affirmé le chef de la diplomatie française, mettant en relief le souhait du Quai d'Orsay d'aboutir à un accord ''solide'' et ''vérifiable''. Fabius a rappelé à cet égard, que la France avait refusé une version initiale de l'accord-cadre proposé par les Américains et les Iraniens lors des négociations, estimant que celle-ci ''n'était pas assez solide''.
D'autre part, le ministre français a fait savoir que les parties n'ont pas encore atteint un accord quant au calendrier de la levée des sanctions internationales contre l'Iran. Soutenant que les sanctions doivent être levées ''au fur et à mesure que l'Iran respecte ses engagements'', Fabius a souligné, ''il n'y pas encore un accord''.
Selon Fabius, la position dure de la France ne serait pas liée à un problème particulier entre son pays et l'Iran, mais mise en avant plutôt pour ''éviter que les autres pays du Golfe comme l'Arabie Saoudite ne se lancent dans la prolifération nucléaire''.