Zuhal Demirci,Ayvaz Çolakoğlu
28 Avril 2017•Mise à jour: 28 Avril 2017
AA - Ankara - Ayvaz Colakoglu
"Personne n'a le droit de tenter de modifier la décision prise par le peuple devant les tribunaux. Ni la Cour européenne des droits de l'Homme, ni la Cour constitutionnelle, ni un autre tribunal ne peux changer la décision du peuple", a insisté Binali Yildirim.
Le Premier ministre turc Binali Yildirim a accordé, vendredi, une interview à la chaîne de télévision BBC Word dans laquelle il a répondu aux questions sur l'actualité.
Au cours de la campagne référendaire sur la réforme constitutionnelle en Turquie, des critiques faisaient état d'un régime "dictatorial du parti unique", critiques que Yildirim a qualifié de "sans pitié".
"Près de 24 millions de personnes ont dit "non", plus de 25 millions ont dit "oui" ce qui représente un écart de 1,4 millions. Si c'était une dictature, alors nous aurions décidé des résultats. Nous aurions annoncé des taux de 80-90 %. Alors que dans le quartier d'Uskudar, (Istanbul) où vivait le président (Erdogan) le "non" est arrivé en tête. Dans ma circonscription d'Izmir, le "non" était devant, à Istanbul c'est la même chose, dans beaucoup de grandes villes c'est le même constat", a-t-il relevé.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a également été accusé en raison du référendum, de vouloir "concentrer tous les pouvoirs entre ses mains", réagissant a ces propos, Yildirim a rappelé que le soutien du peuple au président Erdogan a augmenté après chaque élection.
Concernant les critiques formulées par l'Europe et les observateurs internationaux sur le déroulement du référendum et les insinuations d'irrégularités de l'opposition turque qui a annoncé qu'elle allait saisir la cour européenne des droits de l'homme, Yildirim a déclaré :
"Personne n'a le droit de tenter de modifier la décision prise par le peuple devant les tribunaux. Ni la cour européenne des droits de l'homme, ni la cour constitutionnelle, ni un autre tribunal ne peux changer la décision du peuple. La décision prise par les millions (d'électeurs), il n'y a que le peuple qui peut la changer. Pour cette raison, tous ces efforts sont futiles. Mon conseil au principal parti d'opposition (CHP) c'est de se conformer à la volonté du peuple et de travailler encore plus pour les prochaines échéances électorales afin de gagner la confiance du peuple".
Pour conclure, Yildirim a rappelé que la règle dans une démocratie c'est d'accepter les résultats sortis des urnes précisant qu'ils allaient tenter de comprendre les motivations des citoyens qui ont voté contre la réforme afin de mieux répondre à leurs attentes et ainsi prévenir toutes divisions au sein de la société.