AA/Dakar(Sénégal)/Alioune Bdara
Les chambres africaines extraordinaires (CAE) ont de nouveau débouté, mercredi, l’Etat tchadien dans sa demande de se constituer partie civile dans le procès de l'ex-président tchadien Hissène Habré qui se tient au Sénégal dans le cadre d'un tribunal spécial.
‘’L’Etat tchadien n’était pas d’accord après le premier rejet et nous avait instruits d’interjeter appel. Maintenant, la sentence vient d’être prononcée par les chambres africaines extraordinaires d’accusation ; il ne nous reste qu’à rendre compte à ceux qui nous avaient mandatés’’, a commenté Me Ibrahima Mbengue, un des avocats de l’Etat tchadien dans cette affaire.
‘’Une grande victoire pour les victimes, seules parties civiles statutaires’’, se réjouit cependant Me Assane Dioma Ndiaye, président de la ligue sénégalaise des droits de l’homme (LSDH).
Le nombre de victimes sous le régime de Habré dépasse 40.000 personnes selon une commission d’enquête tchadienne. Parmi ceux-ci, ‘’des opposants politiques et des membres de certains groupes ethniques’’, révèle encore la commission.
Hissène Habré ayant fui le Tchad après la chute de son régime en 1990 pour s’installer au Sénégal, où il vit depuis, des actions judiciaires ont été initiées, par les victimes de son régime, dans son nouveau pays de résidence.
Arrêté le 30 juin 2013 à Dakar l'ex- président du Tchad entre 1982 et 1990 est poursuivi pour ‘’crimes contre l’humanité, crimes de torture et crimes de guerre’’ par les chambres africaines extraordinaires. Un tribunal spécial créé au sein des juridictions sénégalaises avec des juges africains nommés par l’union africaine (UA).